Krull

Krull

|
1984
|
115 minutes
|
Couleur
Affiche du film Krull La Bête est une horrible créature qui impose son règne sur la planète Krull avec l'aide de ses sbires, des cavaliers démoniaques. Le chaos et la terreur sont le quotidien des habitants, excepté dans deux royaumes encore résistants. Pour souder d'ailleurs un peu plus les rebelles, un mariage va être bientôt célébrer entres les deux héritiers des deux mondes. Hélàs, le jour de la cérémonie, les êtres malfaisants débarquent et enlèvent la mariée...

Casting

Rôle : Colwyn
Rôle : Lyssa
 

Réalisateur

Date de sortie

08/02/1984

Nationalité

Distribution

Classification

Tous publics

Actualité

En 1982, alors que les deux premiers Star Wars avaient déjà affolé les box-offices mondiaux, la Columbia se lançait à son tour dans le Space opera avec Krull. La firme espérait ainsi profiter du regain de popularité de la science-fiction et recrutait pour mener à bien le projet, le réalisateur chevronné Peter Yates. Plutôt spécialisé dans le polar, ce cinéaste avait signé le mémorable Bullit avec Steve McQueen à l’aube des années 70. Pour l’épauler, le studio l’entoure d’une équipe technique solide. On retrouve ainsi le chef opérateur Peter Suschitzky qui a collaboré avec Ken Russell, Peter Watkins et surtout David Cronenberg. Un choix logique de la part d’un studio qui voulait concurrencer la Fox qui distribuait la saga de Lucas. En effet, Peter Suschitzky avait signé la photographie de l’Empire contre-attaque d’Irvin Kershner. Du côté des effets optiques, nous avons John Evans qui s‘était fait un nom avec les Bond. Quant à la direction artistique de Krull, elle est l’oeuvre de Stephen B. Grimes, un grand monsieur d’Hollywood qui a travaillé sur les films de Huston, David Lean et Sydney Pollack. Du beau monde derrière la caméra pour un film tourné dans les gigantesques studios anglais de Pinewood et doté d'un budget faramineux de 47 millions de dollars. Une grande équipe technique, un réalisateur prestigieux, un budget confortable, tous les ingrédients étaient pour nous offrir un monument du genre. Cependant le film sera un échec au box-office et sera oublié pendant des années. Mais grâce à ses fans qui l’ont découvert dans leur enfance, le film va gagner en réputation et obtiendra une reconnaissance tardive avec de nombreux hommages dans des oeuvres pop comme South Park ou Ready Player One.

Mais que raconte Krull ?

Les épousailles de Colwyn, fils du roi Turold et de Lyssa, fille du roi Eirig, prévues pour réunir les deux royaumes, ne sont pas du goût de la Bête, cachée dans la Forteresse Noire qui fait enlever la belle. Mais son fiancé, aidé du cyclope et de toute une bande de rebelles, délivrera sa bien-aimée.

Je vais être franc avec vous, le scénario de Krull est assez simpliste et reprend de façon assez basique les principes du Voyage du héros de Joseph Campbell. Connu pour des séries tels qu’Agents très spéciaux ou le Batman des années 60, le scénariste Stanford Sherman a élaboré un récit où le héros est amené à faire face à différentes épreuves pour arriver au château où il affrontera la bête et délivrera sa belle. Digne du premier Mario Bros sur la NES, cette trame scénariste n’est pas des plus complexes en matière de psychologie et n’offre pas de rebondissements inattendus.

La simplicité de l’histoire fait pourtant tout le charme de cette oeuvre qui est une variation du Robin des Bois avec Errol Flynn de 1938. À ce titre, l’interprétation énergique de Ken Marshall est vraiment un plaisir de tous les instants. L’acteur joue à merveille un Prince Vaillant venu sauver sa princesse à la manière d'un Douglas Faibranks. De plus, malgré sa linéarité, Krull fourmille de bonnes idées, que ce soit cette voyante enfermée dans une toile d’araignée ou cette forteresse qui se matérialise à chaque nouvelle aurore dans un endroit différent de la planète. Enfin, l’hybridation entre la science-fiction et la fantasy est plutôt réussie avec les soldats de la bête qui sont en réalité de simples armures où se cachent de minuscules aliens bien visqueux.

Krull donne à voir des décors de studios qui ont particulièrement bien vieilli et qui font preuve d’un gigantisme assez impressionnant comme dans la séquence des marais où surgissent les soldats de la bête. De la même manière, l’antre de la bête est de toute beauté et rappelle la démesure d’un Dali et les délires organiques d’un Giger (le responsable du design du premier Alien). Néanmoins, l’immensité des décors a une conséquence fâcheuse :  le film manque cruellement de figurations. Nos héros semblent ainsi vivre dans un monde où toute trace de vie semble avoir disparu. Cette absence notable d’êtres vivants est sans doute due au fait que l’énorme budget du film a été dépensé sur les nombreuses réécritures du script. En effet, le studio faisait régulièrement changer l’histoire pour la faire ressembler de plus en plus à Star Wars alors que le film avait été d’abord envisagé comme un simple récit de fantasy.

Ce long-métrage est une oeuvre atypique qui a été pensée et écrite pour plaire aux enfants, mais qui dans le même temps développe des thématiques adultes. On pense en particulier à la relation trouble entre le vieil ermite Ynyr et son ancienne amoureuse qui lui révèle qu’elle a tué l’enfant qu’ils ont eu ensemble, par simple jalousie féminine. De la même manière, le personnage du cyclope possède un background plutôt sombre pour un film familial. Sa race a signé un pacte avec la bête pour connaître l'avenir. Malheureusement pour les cyclopes, ils seront damnés et ne connaîtront du futur que le jour de leur mort.

Le film est porté par un casting essentiellement anglais où apparaît le tout jeune Liam Neeson ainsi que Robbie Coltrane qui sera Hagrid dans la saga Harry Potter. Tous les acteurs jouent leur rôle avec beaucoup de solennité. Une interprétation que les détracteurs du film qualifient souvent de désuète, mais qui est appréciable tant le film fait la promotion de l’héroïsme et de la bonté.

Enfin,  il est indispensable d’évoquer la bande originale de James Horner. Le compositeur nous offre une partition de haute volée où chaque morceau est une grande réussite. De l'émotion, de l'exaltation, de l'aventure et du drame, la partition est un classique qui tient largement la comparaison avec les scores de John Williams.

Krull est une oeuvre dont les défauts sont évidents en raison d’un script inégal ou de l’apparition kitch d’un monstre final qui est interprété par un homme dans un costume à la Godzilla. Néanmoins Krull réussira à vous envoûter grâce à son univers suranné qui vous rappellera les livres de votre enfance aux couvertures roses flétries.

Mad Will

Le film en DVD : Lien Amazon

 

Publié le 26/05/2019
Vous avez aimé cet article ? Nous avons besoin de vous pour faire vivre ce site. Soutenez-nous en faisant un don.
Abonnez-vous à notre page Facebook et suivez-nous sur les réseaux sociaux : Twitter Instagram

Critiques de la communauté

Si vous souhaitez écrire une critique, vous devez d'abord vous identifier.