Paterson

Paterson

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2016
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118 minutes
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Couleur
Affiche du film Paterson Paterson vit dans une ville qui porte le même nom que lui, dans l'Etat du New Jersey. La cité, qui a hébergé plusieurs écrivains, de William Carlos Williams à Allen Ginsberg, inspire également le jeune homme. Chauffeur de bus, Paterson est aussi un poète minimaliste, qui consigne tous ses textes dans un petit carnet. En dehors de cette activité, la vie de Paterson, qui boit tous les jours une bière dans le même bar avant de rentrer chez lui, est parfaitement réglée. Celle de son épouse, l'enthousiaste Laura, artiste particulièrement inventive, s'articule autour du noir et du blanc, qu'elle décline dans toutes ses créations...
 

Réalisateur

Date de sortie

21/12/2016

Distribution

Classification

Tous publics

Critique de la rédaction

Notre critique CCSF

« Le film se veut un antidote à la noirceur et à la lourdeur des films dramatiques et du cinéma d’action. C’est un film que le spectateur devrait laisser flotter sous ses yeux, comme des images qu’on voit par la fenêtre d’un bus qui glisse, comme une gondole, à travers les rues d’une petite ville oubliée. » Paterson a tout à fait l’atmosphère que son réalisateur lui décrit. Contemplative, la caméra suit son protagoniste, chauffeur de bus poète à la sérénité inébranlable, tout au long des journées qu’il passe à observer et écouter la vie qui s’agite et qui bruit autour de lui. Jarmusch relève son film, à qui trop de langueur finirait par nuire, en mêlant à ses plans d’esthète une stimulante pincée de dérision. Il pose en effet un regard gentiment moqueur sur les velléités artistiques de ses personnages, des louanges de Paterson (Adam Driver) à une boîte de cigarettes aux expérimentations picturales aventureuses de sa compagne (Golshifteh Farahani). Toutefois, en un ultime rebondissement dialectique, le réalisateur valorise in fine l’intention sur le résultat, faisant avant tout l’éloge de la capacité de ses personnages à être attentifs à la poésie du quotidien. Le Jarmusch nouveau se révèle donc très doux, très reposant, servi par une bande originale des plus relaxantes. On y retrouve les nombreux ingrédients qui font qu’on aime ou qu’on déteste cet auteur : le perfectionnisme du détail, le goût de la référence cultivée, l’amour des beaux instruments de musique. On y savoure, enfin, une expérience rare. Transformés à notre tour en poètes par l’expérience de contemplation que Jarmusch nous propose en laissant s’étirer le temps au fil des sept jours de la semaine qu’il égrène, nous nous laissons embarquer avec délice pour un voyage dans la quatrième dimension.

F.L.

Publié le 03/03/2017
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