Juste la fin du monde

2016
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97 minutes
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Couleur
Affiche du film Juste la fin du monde Louis, écrivain à succès, sent que sa fin est très proche. Le jeune homme traverse le monde en avion pour retrouver son pays natal et annoncer la terrible nouvelle à sa famille. Mais, à peine arrivé chez les siens qu'il n'a pas vus depuis douze ans, Louis sent que l'atmosphère est particulièrement électrique. Alors que sa mère tente nerveusement d'organiser une réunion familiale comme dans le passé, Antoine, son frère, se montre très agressif, tandis que Suzanne, sa soeur, semble dépassée par les événements. Seule Catherine, la discrète épouse d'Antoine, donne l'impression de comprendre Louis...

Réalisateur

Date de sortie

21/09/2016

Genre

Nationalité

Distribution

Classification

Tous publics

Critique de la rédaction

Notre critique CCSF

Antoine visite sa famille en province après dix ans d’absence. Il a une grande nouvelle à annoncer. Sa venue suscite beaucoup d’affects contradictoires...

Xavier Dolan adapte au cinéma la pièce à cinq personnages de Jean-Luc Lagarce. Cela lui permet d’aborder les constructions identitaires non seulement dans la relation aux parents, mais aussi à la fratrie et aux conjoints. La diversité des tempéraments en présence fait basculer le psychologisme de ses précédents films vers une peinture plus universelle de l’incommunicabilité entre les êtres. Le jeune réalisateur montre ainsi l’enfermement de chacun des personnages dans une certaine inertie caractérielle qui empêche de s’ajuster à l’autre autant qu’il serait souhaitable et entraîne quantité de dialogues de sourds. C’est que l’appréhension de l’altérité passe par l’étiquette qu’on a posée sur lui parfois une fois pour toutes afin d’en réduire la vertigineuse complexité. Ainsi Antoine, monté vivre à Paris, est-il perçu par les femmes de sa famille comme le fils prodigue tandis que son frère aîné, qui le perçoit davantage comme une menace, préfère ne voir en lui qu’un artiste par définition snob et déconnecté des réalités de la vie matérielle. Toutes les tentatives d’Antoine, interprétées au travers du prisme de la paranoïa fraternelle, sont tuées dans l’œuf. Même sa délicatesse passe alors tragiquement pour de la condescendance. Contrairement aux jeux explosifs de ses habituels acteurs nord-américains, Xavier Dolan confie cette fois sa partition aux jeux plus mesurés des acteurs français. Marion Cotillard et Gaspard Ulliel nous régalent particulièrement de leur interprétation toute en finesse, où tout se joue dans le regard et les tressaillements de rictus. Intense.

F.L.

Publié le 03/03/2017

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