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Forgotten

Gi-eok-ui Bam

|
2017
|
108 minutes
|
Couleur
Affiche du film Forgotten Lorsque son frère revient totalement changé et sans aucun souvenir des 19 derniers jours, Jin-seok se met en quête de la vérité sur son enlèvement.
 

Réalisateur

Année de sortie

2018

Genre

Nationalité

Distribution

Classification

-16 ans avec avertissement

Critique de la rédaction

Notre critique CCSF

C'est donc l'occasion de revenir sur des œuvres cultes du 7ème art. Des longs-métrages peu ou pas connus par la nouvelle génération ou bien alors perdus dans les lointains souvenirs de vidéoclubs des quarantenaires. Se retourner dans le temps et redécouvrir les films cultes d’antan est essentiel pour comprendre l’état de l’industrie du 7ème Art du point de vue artistique ou économique. Pour autant, "Ce soir sur Netflix" est également une rubrique qui vous permet de découvrir des films originaux que l’algorithme de Neftlix a occultés, privilégiant ses productions ou les blockbusters. C’est ainsi qu’en me promenant dans la jungle du géant de la SVOD, je suis tombé sur le long-métrage Forgotten dont je vais vous parler aujourd'hui. Ce long-métrage est signé Jang Hang-jun (Humans Don't Die in the Night et Spring Breeze) et a été acheté (selon les quelques infos qui émaillent la toile) par Netflix pour l’international à partir de son simple scénario.

Forgotten est avant tout un excellent film policier avec son intrigue qui prend la forme d’une enquête pour accéder à la vérité sur l’enlèvement du frère du héros principal. N’ayez crainte mes chers lecteurs ! Cette revue du film ne vous divulguera pas d’éléments clefs du récit. Forgotten est avant tout une œuvre ludique où le spectateur se lance à l'instar du personnage principal dans la recherche de preuves. Avec son scénario plutôt malin, le film multiplie fausses pistes et révélations fracassantes dans un esprit que n’aurait pas renié la grande prêtresse du genre Agatha Christie.

Pour l’auteure d’Hercule Poirot ou de Miss Marple, le roman policier était un terrain d’expérimentation qui lui permettait de jouer en permanence sur les différentes manières de raconter une histoire. Multiplication des points de vue, jeu sur la temporalité avec les flashbacks, caméra qui s'amuse à nous donner le minimum d'informations à l'écran, Jang Hang-jun est l’héritier de cette tradition de déconstruction du récit classique. Sans déflorer l’intrigue de classiques tels que Le Meurtre de Roger Ackroyd ou ABC contre Poirot signés par Christie, le film entretient une vraie filiation avec ses œuvres qui n’ont de cesse de nous piéger avec des informations qui au final restent voilées en permanence.

Le film est porté par une réalisation classique et efficace. Le réalisateur a parfaitement compris que la rigueur et la lisibilité sont indispensables dans un récit d'enquête. En effet, le principe du genre policier est d’amener le spectateur à vouloir jouer à découvrir la vérité en lui donnant l’impression qu’il possède toutes les cartes en main. La mise en scène a donc pour seule vocation de guider le regard du public. Ce n’est pas un hasard si en littérature les figures tutélaires du roman policier que sont Christie ou Simenon, possèdent une prose simple mais d’une efficacité redoutable qui permet au lecteur de se concentrer sur l’intrigue et non sur la manière de raconter l’histoire. Ainsi, la mise en scène de Forgotten derrière un certain classicisme est avant tout là pour mettre en images un scénario dont les rebondissements inattendus ont quand même donné l’envie à Netflix de distribuer le film avant même d’avoir eu un visuel.

Pascal Thomas qui a adapté 4 fois Christie avec Mon petit doigt m’a dit, Le crime est notre affaireAssociés contre le crime, et enfin L'Heure zéro, expliquait que les meilleurs romans policiers étaient toujours une enquête sur le passé qui mettait en scène la cellule familiale. Le but étant, comme aurait pu le dire un certain Hercule Poirot, de faire travailler ses petites cellules grises pour reconstruire les évènements antérieurs au crime qui permettront de trouver le coupable.  Là encore, Forgotten s’inscrit parfaitement dans cette tradition. Ce qui est important dans le film n’est jamais le présent. Le passé et le cercle familial sont donc indispensables pour pouvoir déchiffrer les évènements.

Forgotten s'apparente donc à un jeu de société à identités secrètes tels que Les Loups-Garous de Thiercelieux où le spectateur ne cesse de s'interroger devant l'attitude des protagonistes qui veulent nous persuader de leurs mensonges.

À noter que l’interdiction au moins de 16 ans sur ce titre par Netlfix me semble un peu disproportionnée. Si le film compte quelques scènes de violence, il n'y a pas d’effusion de sang à la limite du cinéma d’horreur comme dans Old Boy ou tant d'autres policiers coréens. Après Mademoiselle qui rejouait Agatha Christie en mode Kamasutra, découvrez Forgotten, autre film venu du "pays du matin calme" qui vous fera passer un agréable moment digne de la célèbre collection "Le Masque" grâce à son intrigue bien troussée.

Mad WIll

Publié le 06/03/2019
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