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Stranger Than Paradise

Stranger Than Paradise

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1984
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89 minutes
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Noir et blanc
Affiche du film Stranger Than Paradise Willie, un émigré hongrois, mène aux Etats-Unis une existence marginale de flambeur, autour des tapis verts des casinos ou sur les champs de course. Obsédé par le souci de refouler ses origines étrangères, il se pose devant Eddie, son compagnon de jeu, en Américain de longue date. Lorsque sa tante Lotte lui demande d'héberger, pour quelques jours, sa cousine Eva, une jeune fille de 16 ans fraîchement arrivée de Hongrie, Willie commence par se rebiffer devant le rappel trop évident de son passé récent. Peu à peu, pourtant, ses préjugés à l'égard de sa jeune parente s'atténuent. Willie, Eva et Eddie trouvent alors refuge dans un motel de Floride...

Casting

Rôle : Willie
Rôle : Eva
Rôle : Eddie
 

Réalisateur

Date de ressortie

03/07/2019

Nationalité

Distribution

Classification

Tous publics

Critique de la rédaction

Notre critique CCSF

Caméra d’or au festival de Cannes 1984, et Léopard d’or au Festival de Locarno, c’est un étrange film que ce Stranger than paradise où se succèdent de petites séquences séparées par des fondus au noir. Une jeune hongroise, Eva (Ezter Balint) atterrit à New-York où elle est (très mal) accueillie par son cousin Willie (John Lurie).  Elle se confronte alors à une réalité qui est bien loin de celle du rêve américain. En effet, Willie, vivotant entre courses et parties de poker, et flanqué de son copain Eddie (Richard Edson), ne semble pas vouloir s’embarrasser de sa cousine.

Eva rejoint ensuite Cleveland où habite sa tante pour être embauchée dans un drive in quelconque sans perspective d’avenir. Elle s’y ennuie ferme. Alors, quand Eddie et Wille débarquent un an plus tard et lui proposent des vacances en Floride, elle suit les deux lascars dans leur recherche d’un nouveau paradis. Mais changer de lieu les fera-t-ils changer de monde ? On peut en douter, surtout lorsqu’on entend la réflexion d’Eddie : « Tu arrives à nouveau quelque part et tout à l’air pareil ».

Tourné en noir et blanc,  c’est  un film qui se joue des clairs-obscurs dans ses tons, la fumée noire qui se dégage des cheminées d’usine de Cleveland contrastant avec la blancheur du lac Érié gelé sous la neige ; le soleil sur sable blanc des plages de Floride et l’écume immaculée des vagues se révélant après une nuit de conduite automobile ; ou encore les habits noirs en opposition avec la peau blanche des femmes. Et ce contraste se retrouve aussi métaphoriquement dans la distance entre paradis fantasmé et noire déception face à la réalité.

On a pourtant beaucoup de plaisir à se laisser entrainer dans ce film à la croisée du conte philosophique et du road-movie, à la fois poétique et pathétique, et qui pourrait au final être résumé par cet extrait de dialogue : « Qu’est-ce que nous foutons ici ? », « Je n’en sais rien ». Comme si paradoxalement la vacuité n’était pas forcément synonyme d’ennui, parce que le sens se glissait entre les interstices.

L .S.

Publié le 01/07/2019
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