Howard... Une nouvelle race de héros

Howard a new breed of hero

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1986
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111 minutes
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Couleur
Affiche du film Howard... Une nouvelle race de héros Howard est un canard qui vitsur sa planète. Jusqu'au soir où une mystérieuse tornade l'arrache à son fauteuil. Il se retrouve projeté dans l'espace l et finit par atterrir dans l'arrière-salle d'un bar à Cleveland, dans l'Ohio. Une jeune chanteuse de rock, Beverly Switzler, s'y produit. A la fin de son numéro et alors qu'elle s'apprête à regagner ses pénates, deux loubards l'agressent. Howard vole à son secours. Reconnaissante, Beverly accueille ce courageux canard sous son toit.

Réalisateur

Date de sortie

10/12/1986

Nationalité

Etats-Unis

Distribution

UIP

Classification

Tous publics

Acteurs

Rôle : Beverly Switzler
Rôle : Professeur Jenning
Rôle : Phil Blumburtt

Critique de la rédaction

Notre critique CCSF

La mauvaise réputation.

Oh combien le titre de la chanson de Brassens sied parfaitement au film que je vous recommande cette semaine sur Netflix.

Je vais vous parler aujourd’hui d’Howard le canard, métrage conspué dans les années 80 dont la rumeur disait même qu’il était le plus mauvais film jamais réalisé. Georges Lucas, son producteur, aurait selon la légende tout tenté pour faire oublier le film en empêchant sa sortie en DVD ! (Ne vous inquiétez pas, notre cher Howard est disponible en Blu-Ray et DVD depuis quelques années aux USA et en France chez Elephant Films !)

J’avais vu Howard... Une nouvelle race de héros, il y a une vingtaine d’années en VHS, et c’était avec une curiosité non feinte que je lançais sur Netflix le visionnement des aventures du canard de l’espace. Divine surprise… J’ai trouvé le film meilleur que dans mes souvenirs. Il faut dire que la copie disponible en SVOD rendait admirablement la photographie du film. De même que la VOSTF se révélait beaucoup plus incisive que la pâle VF des années 80 .

Howard c’est un peu comme Massacre à la tronçonneuse.

Le film de Hooper traîna pendant de très longues années la réputation d’être terriblement gore alors que le film ne montre jamais de sang. À une époque où les films n’étaient pas visibles facilement, la rumeur enflait vite sur une réalisation surtout quand c’était le copain d’un copain qui l’avait vu.

Pour Howard, c’est un phénomène assez semblable. Sa réputation de navet intersidéral est lié à son bide au box-office qui alimenta des « ont-dit »  et qui coûtera sa place au directeur d’Universal et obligera Lucas à vendre Pixar à Steve Jobs.

Mais que raconte Howard... Une nouvelle race de héros ?

Howard est un canard qui vit sur sa planète. Jusqu'au soir où une mystérieuse tornade l'arrache à son fauteuil. Il se retrouve projeté dans l'espace et finit par atterrir dans l'arrière-salle d'un bar à Cleveland, dans l'Ohio. Une jeune chanteuse de rock, Beverly Switzler, s'y produit. A la fin de son numéro et alors qu'elle s'apprête à regagner ses pénates, deux loubards l'agressent. Howard vole à son secours. Reconnaissante, Beverly accueille ce courageux canard sous son toit.

Pour aborder le film, il est important de revenir sur le couple à la ville et à l’écran formé par Willard Huyck et Gloria Katz qui ont écrit le film et réalisé (pour le premier) Howard.

De sombres tâcherons ? Pas vraiment.

Sans faire leur biographie, le couple est à l’origine d’une excellente pelloche de fantastique Messiah of Evil, une sorte de relecture argentesque du film de zombies dans les années 70. Film à la poésie macabre porté par une mise en scène superbe, Messiah of Evil, est une pelloche d’horreur que je vous invite à découvrir.  Mais surtout ce couple est connu pour ses collaborations avec l’ami George Lucas. Ce sont les co-scénaristes du long-métrage qui ouvrit les portes d’Hollywood au futur réalisateur de Star Wars, le touchant American Graffiti. Sans être crédités, ils travaillèrent ensuite sur le premier volet de la trilogie mettant en scène les Skywalker, signant une partie non négligeable des dialogues. Enfin ils signèrent le script du second Indiana Jones. Même si certains grincheux n’aiment pas vraiment Le temple maudit, ce second volet des aventures de notre archéologue préféré est une référence en termes d’efficacité, avec des dialogues assez brillants. Plutôt qu’une suite, le duo de scénaristes propose une relecture réussie des aventures du mythique archéologue.

Parlons à présent des autres artistes qui ont collaboré à Howard ?

À la lumière, nous retrouvons Richard H. Kline, chef opérateur de Pendez-les haut et court, Soleil vert, Furie, La Fièvre au corps, le premier Star Trek de Wise ou encore L'étrangleur de Boston. Un technicien oscarisé à la filmographie conséquente.

Aux effets spéciaux, Joe Johnston, l’un des grands maîtres d’IML (Star Wars…) et Phil Tippett (Le dragon du lac de feu, Robocop…) œuvrent ensemble. C’est un peu comme si vous aviez Neymar et Ronaldo dans la même équipe. Pour un film dont on moque le visuel, c’est plutôt étrange.

Enfin à la musique, nous retrouvons le vénérable John Barry, l’un des plus grands compositeurs de cinéma européen connu pour le générique d’Amicalement vôtre et la musique James Bond.

Les détracteurs du film vont user de la métaphore footballistique et déclarer que de très bons joueurs ne font pas forcément une grande équipe. C’est vrai…

Mais le problème, c’est que cet Howard possède de vraies qualités quand on le revoit, le temps ayant particulièrement un effet positif sur le film.

Commençons par le visuel du film. La photographie est très réussie avec un usage des néons très esthétique. C’est bien là la magie de voir des films en copies HD. Si certains souffrent d’être revus, la copie numérique rend hommage au travail de Richard H. Kline sur le film qui composent de très beaux éclairages nocturnes. La réalisation est fonctionnelle, mais efficace avec un découpage précis servi par une belle science du cadre.

J'entends déjà certain déclarer à l'emporte-pièce : "C'est nul. Le héros est joué par un nain dans un costume de canard !"

Et c’est là que j’évoquerais la célèbre jurisprudence Yoda. Il vrai qu’Howard peut sembler dans les premières minutes ridicule malgré une animatronique bluffante pour le visage du palmipède qui a coûté la bagatelle de deux millions de dollars.

Mais passé ces quelques secondes, vous allez trouver à ce canard beaucoup plus de vie que de nombreuses créatures digitales. Grâce à l’animation de son faciès, ses déplacements, les interactions physiques avec les autres comédiens, Howard prend presque vie, car il est incarné. Et c’est pourquoi je parlais de Yoda. Je vais donc vous poser une question : vous croyez plus à la marionnette rabougrie toute verte de l’Empire contre-attaque où à son double numérique dans la trilogie de la fin des années 90 ? Pour ma part, mon choix est vite fait. Je préfère le premier Yoda.

Si réaliser un canard était un défi technique peut-être trop difficile en 90, le reste des effets spéciaux a admirablement bien vieilli. Le voyage d’Howard dans l’espace est encore bluffant 30 ans après. Il faut aussi évoquer la créature finale qu’affronte notre palmipède préféré qui est assez géniale à voir. La copie de Neflix rend hommage à des effets spéciaux largement dans le haut du panier de cette époque.

Et le scénario dans tout ça ?
Le ton du film voulu par ses auteurs explique en partie sa mauvaise réception par le public.
Howard est vraiment un film particulier surtout pour une œuvre de studio qui a coûté pas loin de 30 millions de dollars.
À ce titre, il est à l’image de ses créateurs qui ont œuvré tout autant dans la production indépendante que dans les gros budgets de tonton George. Sous son verni de film familial, Howard est une comédie aux dialogues enlevés (à voir en VO) et très bien écrits. Le film propose dans ses échanges verbaux de nombreux sous-entendus grivois et n’hésite à faire des blagues autour de la zoophilie pour évoquer le couple formé par notre canard et la chanteuse interprétée par la charmante Léa Thomson.
Le film est avant tout une parodie des scènes des productions familiales de l’époque. La scène du restaurant de cajun sushis est emblématique de cette approche parodique, avec notre héros qui se moque ouvertement du grand méchant du film. À ce titre, le dialogue où Howard pète une crise à cause des œufs sur le plat qu’on lui a servis et qui lui rappellent sa date d'anniversaire, est assez tordant.

Ce long-métrage est l’œuvre de sales gosses qui ont conçu un film efficace pensé pour le grand public, mais qui ne peuvent s’empêcher de faire des blagues douteuses de lycéens. Howard est un cas unique de divertissement familial où se cache un humour régressif. On ne peut s’empêcher d’imaginer ces mères de familles américaines emmener leurs bambins voir le film du producteur des Ewoks et partir en courant quand elles découvrent à l’image Howard, le cigare au bec qui travaille dans une boîte à partouses. Quel était le public visé par les initiateurs de ce long-métrage ? La famille. Non, le film est trop sexué. Les lecteurs du comics d'Howard édité par Marvel dont le film est l'adaptation ? Pas forcement, le film est trop différent de son modèle crayonné.  On ne saura jamais à qui était destiné le film et c'est bien là tout son charme et son originalité.

Howard est une sympathique comédie qui ne méritait pas tant de haine. À découvrir, avec une bonne bière et un paquet de chips.

Mad Will

Publié le 09/03/2018

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