Luciérnagas

2018
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88 minutes
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Couleur
Affiche du film Luciérnagas Ramin, jeune Iranien homosexuel, se retrouve malgré lui à Vera Cruz, ville mexicaine en décadence et lieu de transit pour de nombreux immigrés. Il a dû quitter son pays après avoir été emprisonné et maltraité. Il y a laissé son amoureux et il survit, tant bien que mal, de petits boulots. Il maîtrise à peine l'espagnol mais réussit tout de même à communiquer avec un collègue de travail et sa logeuse. Il rencontre un ancien membre d'un gang qui a fuit le Salvador, afin d’échapper à son passé violent. Bientôt, une relation anbiguë se nour entre les deux hommes...

Casting

Rôle : Ramin
Rôle : Guillermo
 

Réalisateur

Date de sortie

22/01/2020

Genre

Nationalité

Distribution

Classification

Tous publics

Critique de la rédaction

Notre critique CCSF

Luciénargas (Lucioles) est un film de la réalisatrice Bani Khoshnoudi née à Téhéran en 1977 et vivant actuellement au Mexique après des séjours aux États-Unis et à Paris. Citoyenne du monde, elle abordait dans sa déjà riche production artistique (elle a produit aussi des performances et des installations vidéo et sonores) les thèmes de l’exil et de l’immigration. Son nouveau long-métrage  est dans le prolongement thématique de ses anciens travaux

Les préoccupations du personnage principal du film, Ramin (Arash Marandi), jeune iranien homosexuel fuyant la répression dans son pays et exilé au Mexique oscillent entre des souvenirs d’un passé douloureux, les lenteurs d’un présent ralenti qui semble s’étirer à l’infini, et l’angoisse de l’avenir. Au gré de ses petits boulots qu’il trouve comme journalier, il va rencontrer Guillermo (Luis Alberti ) un ex-gangster Salvadorien bardé de cicatrices et de tatouages avec lequel il se lie. Il passe aussi beaucoup de son temps libre avec Leti, (Flor Eduarda Gurrola) la gérante de l’hôtel dans lequel il loge, où il semble être par ailleurs le seul client.

Au-delà des angoisses du personnage principal englué dans Veracruz, le film s’attarde aussi sur les espoirs de Guillermo et les états d’âmes de Leti. On est très loin de personnages monolithiques, chaque protagoniste étant décrit flottant dans les mêmes incertitudes quant à sa vie (sentimentale, professionnelle…).

Jouant constamment avec le jour et la nuit, utilisant des décors qui mettent en valeur les contrastes et les couleurs, la photographie du film participe à renforcer cet atermoiement dans les sentiments des protagonistes. Alors que la peau marquée de Ramin semble refléter les fissures des immeubles délabrés de Veracruz, son esprit vagabonde et se sent étranger au monde qui l’entoure. La distorsion que subit Ramin par son exil, est alors magnifiquement mise en scène. En cela ce film est avant tout une représentation de l’état d’esprit de ses personnages, et donc à l’opposé d’un documentaire factuel.

Ramin, Leti, et Guillermo, sont dans l’attente d’une vie nouvelle sans pouvoir occulter l’ancienne. Mais grâce à leur rencontre, ils pourront apprendre les uns des autres et survivre à leur histoire. La communication entre eux sera dense, parce qu’ils ont quelque chose à partager, pas uniquement par la parole, mais aussi dans le non-dit ou dans un magnifique moment de danse. En assumant son amour perdu (pour son amant et son pays) et en s’appuyant sur ses rencontres, Ramin pourra alors se reconstruire.

Luciénargas est un film magnifique, tendre et sensible, à voir cette semaine.

L.S.

Publié le 22/01/2020
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