Un divan à Tunis

2019
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88 minutes
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Couleur
Affiche du film Un divan à Tunis Après la chute d'el-Abidine Ben Ali, Selma, 35 ans, revient dans son pays natal après une décennie à Paris où elle a exercé comme psychanalyste. Elle voudrait ouvrir un cabinet à Tunis pour aider ses compatriotes à appréhender les changements culturels et sociaux qui sont en train de se produire. Elle peut compter sur sa coiffeuse pour lui envoyer ses premiers patients. Mais Selma n’est pas mariée et certains imaginent que ses séances de psychanalyse, où l'on parle de sexe, ne sont pas morales. Comme si cela ne suffisait pas, Selma devient la cible de la bureaucratie car elle n’a pas l'autorisation gouvernementale nécessaire pour exercer...
 

Réalisateur

Date de sortie

12/02/2020

Genre

Nationalité

Distribution

Classification

Tous publics

Critique de la rédaction

Notre critique CCSF

Un divan à Tunis est une comédie familiale très réussie signée par la primo-réalisatrice franco-tunisienne Manèle Labidi dans laquelle on retrouve Golshifteh Farahani dans le rôle de Selma, une psychanalyste de retour dans son pays natal après des études en France.

N’attendez pas ici d’analyse sociale à la manière de Prendre le large de Gaël Morel dans lequel jouait une Sandrine Bonnaire délocalisée dans le textile au Maroc. Le point de vue de vue d’Un divan à Tunis est bel et bien celui de la comédie. Golshifteh Farahani joue parfaitement l’ingénue qui ne comprend pas les obstacles qui l’empêchent de réaliser son objectif : installer son cabinet de psychanalyste à Tunis.

Un des ressorts comiques vient du fait que nous sommes dans une situation « à l’envers » du discours tenu sur notre sol par les moins accueillants des Français. En effet, la « Française » se retrouve la travailleuse immigrée à qui l’on demande de « retourner dans son pays ». Quand on lui demande pourquoi elle a choisi de retourner en Tunisie, alors que tant de jeunes souhaitent partir du pays, elle avoue simplement qu’elle pense ne pas être utile en France vu qu’il y a déjà dix analystes dans sa rue dont deux dans son immeuble. Mais, en France depuis dix ans, elle a perdu tout contact avec la réalité de son pays et le fonctionnement des rapports sociaux.

Si, suite à la révolution tunisienne, beaucoup de choses ont été remises en cause dans ce pays et sont à reconstruire, il reste néanmoins des lourdeurs administratives et des préjugés qui gêneront Selma dans son désir d’apporter de l’aide aux déboussolés et autres perturbés par cette nouvelle donne. Le défilé des patients et les tribulations familiales, en particulier celles d’une cousine délurée, provoqueront des situations comiques tout en laissant apparaître en arrière-plan une critique de la société tunisienne facilitée par les « maladresses » et la naïveté de la jeune femme.

Les images accompagnées de dialogues savoureux et d’une musique entrainante accouchent d’un film attachant, l’ensemble comme il se doit se terminant finalement bien, la situation de Selma régularisée, les patients en cours de guérison et l’équilibre de la famille retrouvé.

Un très bon « feel good movie », qui fera passer à ses spectateurs quatre-vingt-dix agréables minutes.

 

Laurent Schérer

Publié le 05/02/2020
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