Camille

2019
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90 minutes
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Couleur
Affiche du film Camille En mai 2014, Bangui, la capitale de la République centrafricaine, est en état de pré-guerre civile. La Seleka, une rébellion venu du Nord musulman y affronte les anti-Balaka, des milices d’autodéfense chrétiennes. Camille, une photographe de 26 ans, se rend sur place. Très vite, elle est fascinée par ce pays et sa jeunesse. La jeune femme idéaliste, qui n’a pas froid aux yeux, part en reportage avec une milice anti-Balaka en province. Quelques jours plus tard, elle est assassinée, d’une balle dans la tête, dans une embuscade...

Casting

Rôle : Camille Lepage
Rôle : Cyril
 

Réalisateur

Date de sortie

16/10/2019

Genre

Nationalité

Distribution

Classification

Tous publics avec avertissement

Critique de la rédaction

Notre critique CCSF

Le 12 mai 2014 Camille Lepage, une photojournaliste de 26 ans, est tuée dans une embuscade en Centrafrique alors qu’elle accompagnait la milice populaire locale pour un reportage. Les circonstances exactes de sa mort sont encore indéterminées à ce jour. A travers un récit fictionnel très documenté, le réalisateur Boris Lojkine (Hope) retrace le parcours -trop court- de cette jeune fille au courage exceptionnel.

Camille n’est pas qu’un biopic, tient à préciser son auteur. Dans la continuité du travail de Camille Lepage, le film raconte l’histoire de la Centrafrique, un pays dont la guerre n’intéresse plus personne. C’est en 2013 que la journaliste originaire d’Angers y fait son premier séjour. Un guerre civile sanglante fait rage, opposant les Chrétiens et les Musulmans, décimant des villages entiers. Camille se lie d’amitié avec un petit groupe d’étudiants dont elle suit les dangereuses péripéties. Elle approche aussi une bande de journalistes français, plus âgés, plus expérimentés, et pourtant parfois plus hostiles que les autochtones, lorsqu’ils lui font comprendre que les reporters ne sont pas là pour sauver le monde mais doivent se cantonner à leur mission : prendre leurs clichés et rentrer chez eux.

Mais Camille n’a pas cette vision du métier. Elle refuse de céder à la photogénie de l’horreur. Boris Lojkine imagine une scène clé pour résumer l'ambiguïté de la profession : alors que Camille débarque sur une scène de crime accompagnée des reporters français, ceux-ci se précipitent autour des cadavres pour les photographier. Camille, elle, les immortalise d’abord de ses yeux, et ce n’est qu’après, d’une main tremblante, qu’elle appuie sur le déclencheur. Il est certain que le photojournalisme est sa vocation, mais autant que celle d’accompagner le plus possible les populations en danger. Il n’est ainsi pour elle pas question de quitter la Centrafrique pour un autre pays en guerre, même si cela lui est proposé par une prestigieuse agence de presse. Cette philanthropie n’est pas une bonté naïve mais le fruit d’un engagement politique très fort qui ne quitte jamais la jeune femme, même lorsqu’on la suit dans les moments d’intimité passé avec sa famille en France.

Pour endosser le rôle difficile de Camille, Boris Lojkine s’est tourné vers Nina Meurisse, une formidable comédienne au visage encore peu familier pour le grand public, ce qui constitue une aide précieuse dans l’approche du spectateur au personnage. Il devient en effet ainsi plus facile de s’abandonner totalement au film et d’entrer dans son histoire sans être perturbé par la sensation de “voir” une comédienne. Nina Meurisse nous fait presque oublier qu’elle joue, tant son naturel et son énergie collent avec le caractère de ce qu’on pouvait imaginer être Camille Lepage.

Cinématographiquement, Camille est un mélange de fiction (le film garde malgré sa mission documentaire une belle part de romanesque) et de réel, dans lequel les clichés originaux de Camille Lepage servent de marque-page. Malgré l’horreur dont elles sont les témoins, ces photographies exaucent le souhait le plus cher de leur auteure regrettée : sur les visages figés, c’est l’humanité qui frappe.

S.D.

Publié le 11/10/2019
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