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Les Trois Visages de la peur

I tre volti della paura

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1963
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89 minutes
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Couleur
Affiche du film Les Trois Visages de la peur Trois histoires : «Le Téléphone». Rosy, une prostituée, décroche le téléphone. Au bout du fil, une voix mystérieuse lui annonce qu'elle va bientôt mourir. Les appels se succèdent et Rosy, désemparée, ne sait pas si elle doit croire les dires de cette voix d'outre-tombe. - «Les Wurdalaks». Vladimir D'Urfe, un voyageur, parcourt à cheval une campagne slave d'un autre siècle. Il tombe sur le cadavre d'un homme, le coeur transpercé par une épée. - «La Goutte d'eau». Miss Chester, une infirmière, est appelée en pleine nuit dans la demeure d'une malade qui vient de mourir. Alors que l'orage gronde, elle fait la toilette de la défunte et lui subtilise la bague qu'elle a au doigt...

Casting

Rôle : Vladimir D'Urfe
 

Réalisateur

Date de ressortie

03/07/2019

Nationalité

Distribution

Classification

Tous publics

Critique de la rédaction

Notre critique CCSF

Pièce maîtresse du cinéma de genre italien, Les Trois Visages De La Peur est un monument du fantastique signé par le grand Mario Bava. Le réalisateur transalpin sublime ici une simple commande de film à sketches et nous offre 3 histoires passionnantes où son talent visuel explose littéralement à l’écran.

Dans Le téléphone, le premier court-métrage qui ouvre le film, Bava dirige Michèle Mercier connue pour la série des Angélique de Bernard Borderie. Il nous propose ici un exercice de style passionnant mettant en scène une femme seule dans son appartement qui va recevoir un appel menaçant. Son interlocuteur, qui déclare vouloir la tuer, semble pouvoir observer ses faits et gestes alors qu’elle est enfermée chez elle.

Le premier sketch de Mario Bava est un modèle de suspens qui aura influencé le cinéma américain. On pense à des titres comme Terreur sur la ligne de Fred Walton de 1979 ou Scream de Wes Craven dont l’ouverture rappelle le film de Bava. Le réalisateur transalpin, grâce à un savant jeu d’ombres arrive à multiplier les points de vue dans un seul décor. Un film que n’aurait pas renié Hitchcock et auquel Bava avait déjà rendu hommage avec son long-métrage La fille qui en savait trop. Le téléphone renvoie au giallo (thriller italien) avec sa jeune femme en détresse et son tueur sadique qui rôde.

Le deuxième segment Les Wurdalaks est un récit gothique autour d'une histoire classique de vampires. Dans ce film, c’est le talent de coloriste de Bava qui explose littéralement devant nos yeux par l'intermédiaire d'un Technicolor splendide où le vert et le violet se marient pour donner des images sublimes. Cette adaptation d’Alexis Tolstoï est le segment le plus faible du film en raison d’un récit qui souffre de longueurs. Néanmoins, ce court-métrage témoigne du talent d’un Mario Bava qui a révolutionné le gothique anglais en lui donnant une dimension baroque et sensuelle.

Le dernier segment intitulé La goutte d'eau est une adaptation d’Anton Tchekhov et raconte le vol d’une bague par une infirmière chargée de faire une toilette mortuaire. C’est le sketch dans lequel la mise en scène de Bava tend le plus vers l’abstraction avec l'usage de lumières clignotantes et des effets sonores surmixés. Grâce à la mise en scène, le réalisateur nous plonge dans l’état de folie de son personnage principal à la manière d'un Polanski sur Repulsion. La goutte d'eau est un chef-d'oeuvre du cinéma fantastique qui aura terrifié pendant des décennies ses spectateurs hantés par le visage souriant et en décomposition de la patiente de notre héroïne Miss Chester.

Les Trois Visages De La Peur est une parfaite introduction à l’univers de Mario Bava que nous invitons à voir. Un classique du fantastique tout simplement.

Mad Will

P.S. : Vous savez donc ce qu’il vous reste à faire partir du 3 juillet grâce au Théâtre du Temple qui propose avec la cinémathèque une rétrospective de trois films majeurs du cinéaste : Six femmes pour l’assassin / Les trois visages de la peur / La Ruée des vikings

Publié le 01/07/2019
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