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L'Emmurée vivante

Sette note in nero

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1977
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95 minutes
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Couleur
Affiche du film L'Emmurée vivante Depuis son enfance, Virginia est sujette à d'étranges et morbides visions. Alors qu'elle accompagne Francesco, son époux, au cours d'un voyage d'affaires, la jeune femme a la vision d'une maison dans laquelle repose le cadavre d'une femme. De retour chez elle, à Florence, elle consulte son ancien amant, le docteur Luca Fattori. Ne trouvant aucun secours dans la psychanalyse, elle décide de fouiller les moindres recoins de sa maison et découvre dans la cave le cadavre emmuré d'une jeune femme. Après des recherches, la police établit qu'il s'agit du corps d'Agnès Bugnaldi, une ancienne maîtresse de Francesco. Celui-ci est aussitôt soupçonné du meurtre...

Casting

Rôle : Virginia Ducci
Rôle : Francesco Ducci
Rôle : Luca Fattori
 

Réalisateur

Date de ressortie

17/07/2019

Genre

Nationalité

Distribution

Classification

-12 ans

Critique de la rédaction

Notre critique CCSF

L’Emmurée Vivante est l'un des derniers giallos (thriller italien à la frontière du cinéma policier, du cinéma d'horreur et de l'érotisme) de Lucio Fulci qui reviendra ensuite au genre dans les années 80 pour une version plus putassière et violente avec l’Éventreur de New York. Ce dernier film comme le Ténèbres de Dario Argento témoigne alors d'une industrie du cinéma italien qui essayait d'imiter les slashers américains comme Vendredi 13. Dans L’Emmurée Vivante, Fulci peut s’appuyer sur une actrice américaine de renom, Jennifer O'Neill qui jouait dans Un été 42 et Rio Lobo et qui est venue en Italie comme de nombreux acteurs américains pour se relancer et toucher un confortable cachet.  Son interprétation est habitée et donne beaucoup de force au film. À ses côtés, Gabriele Ferzetti et Marc Porel qui jouait le prêtre dans La longue nuit de l’exorcisme sont plutôt bons. À ce titre, c’est réellement le dernier film ou Fulci soigne un tant soit peu la direction d’acteur avant de se tourner petit à petit vers un cinéma peuplé de visions d'outre-tombe où l'humain se résume seulement à de chaire putride.

L’ouverture du film est un rappel de la fin de La Longue nuit de l’exorcisme avec une scène de suicide assez semblable. Cette introduction aux effets spéciaux bricolés annonce les dérives gore à venir du réalisateur italien. L’Emmurée vivante est réellement le film où Fulci développe une nouvelle manière de filmer qu’il adoptera ensuite pour ses films de morts-vivants. Cette évolution esthétique est particulièrement visible dans les scènes d’emmurement où le cinéaste abandonne sa mise en scène esthétique et soignée de ses précédents giallos pour adopter un style viscéral avec un découpage heurté qui s’appuie sur une série de zooms intempestifs.  Fulci ne recherche plus le beau, mais veut par sa réalisation donner littéralement vie à un univers mortifère dénué d’espoirs, où il y a une totale absence de couleurs. Ainsi, L’Emmurée vivante abandonne petit à petit les couleurs vives pour nous proposer dans son dernier tiers une image devenue presque monochrome. Les teintes primaires comme le rouge ou le jaune sont alors identifiées aux objets qui renvoient à priori à un passé révolu.

Le film s’appuie sur un scénario plutôt bien écrit et entièrement construit autour d’une séquence finale qui fonctionne toujours aussi bien 40 ans après. Le film est également porté par une excellente bande originale qui contient l’un des plus grands thèmes du cinéma de genre italien. Une ritournelle coécrite par Fabio Frizzi et composée de 7 notes qui donnera le titre italien du film : Sette note in nero. Un morceau qui a un rôle dramaturgique essentiel dans le film que je ne vous dévoilerai pas ici.

Moins définitif que Le venin de la peur et La Longue nuit de l’exorcisme, L’Emmuré vivante est seulement un très bon film. À noter que ce long-métrage marque le début d’une assez longue collaboration entre Fulci et le scénariste Dardano Sacchetti ainsi que le compositeur Fabio Frizzi.

Mad Will

Publié le 08/07/2019
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