Vivarium

Vivarium

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2019
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98 minutes
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Couleur
Affiche du film Vivarium Gemma et son petit ami Tom, qui est homme à tout faire, sont à la recherche d'une maison à un prix raisonnable pour y fonder une famille. Martin, un mystérieux agent immobilier, leur propose d'investir dans Yonder, un lotissement en apparence parfait. Il leur présente la maison numéro 9, qui ressemble à toutes les autres. Peu emballé, le couple veut partir mais se rend compte qu'il est pris au piège dans cet espace sans sortie, qui semble créer une boucle. On a beau avancer en ligne droite, on revient toujours au point de départ. Impossible de s’en échapper : seuls les instigateurs inconnus de cette mascarade semblent en détenir les clefs...
 

Réalisateur

Date de sortie

11/03/2020

Nationalité

Classification

Tous publics

Critique de la rédaction

Notre critique CCSF

Grand Prix Nouveau Genre à l’Étrange Festival 2019, Vivarium est un film fantastique au scénario original du réalisateur irlandais Lorcan Finnegan. La première séquence nous montre un coucou (l’oiseau) éjecter de leur nid les premiers occupants (œuf et petit oisillon) pour se faire nourrir à leur place par les parents. Une petite fille trouvant alors l’oisillon mort par terre n’obtiendra pas de ses proches de réponse claire et nette sur ce comportement qu’elle juge cruel.

De cet incipit découle tout le film. Il traite d’éducation, de comment réagit-on face à l’imprévu et à l’inconcevable, des relations de couple, ainsi qu’une réflexion sur la place de l’homme dans la nature et son comportement en tant qu’espèce.

L’histoire à proprement dite démarre lorsqu’un jeune couple Gemma (Imogen Poots) et Tom (Jesse Eisenberg) passe la porte d’un lotisseur pour devenir propriétaires. Elle est institutrice, il est paysagiste. Peu convaincus par une visite avec un agent immobilier, ils se retrouvent cependant bloqués contre leur volonté dans une maison témoin sans âme et semblable à une infinité d’autres.

Le réalisateur nous livre alors, dans une démarche qui n’est pas sans évoquer celle de The Truman Show, une fable étrange mais très instructive qui a l’audace de remettre en perspective la place de l’humain dans la nature et de nous questionner plus largement sur le sens de la vie.

L’histoire peut se regarder au premier degré, la qualité des décors évoquant un tableau de Magritte et le côté angoissant de l’intrigue suffisant à donner de l’intérêt. Mais il doit surtout être compris au second degré, dans l’analyse du conformisme qui contamine notre société. Le temps dans le film semble suspendu, du fait de la répétition des gestes du quotidien : se lever, réceptionner la nourriture, manger, « élever » l’enfant. En effet, que ce soit dans la sphère matérielle à travers le duplicata à l’infini de maisons strictement identiques, ou par la reproduction de schémas comportementaux applicables comme de quasi-protocoles, le réalisateur critique le manque de discernement et le caractère moutonnier qui guident nos comportements sociaux. Ce couple qui était à l’orée d’une vie heureuse et pleine de promesses se retrouve pris au piège d’un quotidien morne et sans espoir d’avenir. Le réalisateur nous assène une vérité terrifiante : nos vies sont d’une immense vacuité. Le réalisateur signe ainsi un vrai film d’horreur qui ne répond pas aux codes du genre mais qui met à nu l’horreur de notre vie sociale.

Une vraie curiosité à voir sans tarder.

L.S.

Publié le 06/03/2020
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