The Wandering Earth

Liu Lang Di Qiu

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125 minutes
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Couleur
Affiche du film The Wandering Earth Un groupe d’astronaute doit trouver une nouvelle planète pour l’humanité, le soleil étant en train de mourir.
 

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Le film sur Netflix : https://www.netflix.com/fr/title/81067760

Revenons aujourd’hui sur le troisième succès mondial de l’année juste après Avengers Endgame et Capitaine Marvel, un film dont vous n’avez peut-être jamais entendu parler alors qu'il a presque récolté 700 millions de dollars au box-office. Pour autant, ce The Wandering Earth ne sera même pas visible dans votre multiplexe du coin alors que c’est une réalisation à grand spectacle entre film catastrophe et saga de science-fiction qui a été pensée pour la diffusion sur des supports tels que la 4DX. De plus, The Wandering Earth vient d’arriver sur Netflix en catimini sans même avoir été mis en avant par le géant américain de la SVOD.  Un manque de reconnaissance des professionnels et de la presse vraiment dommageable tant ce film chinois met K.O. bon nombre de productions à grand spectacle américaines que ce soit en matière d’effets spéciaux ou d’intensité dans l’action. Le film témoigne également du savoir-faire d’une industrie cinématographique chinoise qui après Détective Dee 3 montre qu’elle est capable de concurrencer le cinéma US pour les prochaines années. La guerre entre les USA et la Chine ne sera donc pas seulement économique, mais aussi culturelle, pour savoir qui va régner sur nos imaginaires en matière de fiction.

Alors pourquoi le film n’a-t-il pas pris le chemin des salles ? Peut-être en raison des habitudes de spectateurs d’un public occidental habitué aux codes d’un cinéma d’Hollywood très américanocentré. À l’instar de beaucoup d’autres films chinois, The Wandering Earth s’appuie sur un jeu d’acteur beaucoup plus expressif qu’aux USA que certains trouveront certainement outré. De plus, la caractérisation des personnages est très légère par rapport à nos habitudes et met en valeur la notion de collectif, à la différence d’un Hollywood qui fait l’apologie de l’individualisme et use beaucoup d'un psychologisme le plus souvent de bazar.

Avec "seulement" 50 millions de dollars de budget (soit 7 fois moins qu’un Avengers) The Wandering Earth est réellement époustouflant d'un point de vue visuel avec ses plans très soignés et de très beaux effets de particules. De plus, le découpage du film est d’une lisibilité à toute épreuve à la différence des films d’U.S. où l’action est souvent incompréhensible en raison d’un montage qui privilégie le rythme au détriment de la représentation d’un espace réellement lisible. Et puis quel plaisir de voir un film pensé pour les écrans de cinéma avec de majestueux plans larges qui nous changent de la plupart des superproductions US qui abusent des gros plans afin d’être regardées sur des écrans de smartphones.

La grande force du film est de s’appuyer sur une direction artistique de haute volée, donnant à voir de magnifiques paysages glacés en surface, mais aussi des vues spatiales éminemment poétiques avec cette station orbitale proche de Jupiter qui nous rappelle les visions de Danny Boyle dans le trop sous-estimé Sunshine. Le film compte vraiment des plans originaux qui font souffler un sacré vent de fraîcheur commercial actuel comme lorsque l’on découvre cette terre propulsée par ses réacteurs qui erre dans l’espace infini.

Le film est une adaptation d’un ouvrage de Liu Cixin, valeur montante de la SF chinoise en librairie, et connu en occident pour Le Problème à trois corps. L’adaptation sur grand écran de son univers a nécessité tout de même pas moins de cinq scénaristes. Il est évident quand on découvre The Wandering Earth que le scénario est généreux, voir trop riche en faisant succéder sur un rythme effréné des séquences avec de nombreux enjeux dramatiques partagés par une multitude de personnages. Néanmoins, The Wandering Earth a quand même le mérite de montrer que la survie de la terre n’est possible qu’avec l’aide de toutes les nations. Et même si la Chine se donne le beau rôle, il n’y a pas ici une seule nation fière de sa bannière étoilée pour sauver le monde. Enfin,  le film promeut tout de même l’insubordination par rapport au pouvoir, ce qui est osé dans la Chine communiste.

Un divertissement bien réalisé et passionnant à regarder, qui montre qu'il faudra compter sur la Chine en matière de superpoduction pour ces prochaines années.

Mad Will

 

 

Publié le 18/05/2019
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