Good Time

Good Time

|
2017
|
100 minutes
|
Couleur
Affiche du film Good Time Connie est un petit voyou qui navigue entre les combines minables qui assurent sa survie, Corey, la femme qui l'entretient plus ou moins, et Nick, un frère déficient mental avec lequel il rêve de fuir en Virginie. Quand ce dernier est arrêté à l'issue d'un braquage mal préparé, Connie décide de tout faire pour lui permettre d'échapper à la prison. Il faut d'abord trouver l'argent de la caution. Mais Connie a bien du mal à réunir la somme demandée. Il se met alors en tête de le faire évader. Toute une nuit, il arpente les bas-fonds de New York, croise des personnes peu recommandables ou aussi marginales que lui, afin de mener à bien son projet fou...

Casting

Rôle : Nick Nikas
 

Date de sortie

13/09/2017

Genre

Nationalité

Distribution

Classification

-12 ans

Critique de la rédaction

Notre critique CCSF

Un braquage, deux frères et le destin qui s’en mêle.

Good Time est une œuvre particulière. En effet, le film est à l’image de la carrière de son acteur principal Robert Pattinson, connu pour les superproductions vampiriques à destination des jeunes filles et qui devient petit à petit une icône du cinéma indépendant après avoir joué, entre autres, chez David Cronenberg.

Mélodrame, film d’action, réflexion sur la famille et finalement portrait peu flatteur des USA, Good Time est une création filmique multigenre, un maelstrom d’images qui se vit comme une expérience sensitive originale dans le cinéma contemporain.

À la différence de nombreux films indépendants qui s’appuient toujours sur la même mise en scène posée, estampillée « auteur » pour tenter de donner une profondeur à un scénario vide et ennuyeux (et après 10 jours à Deauville, le constat est toujours d’actualité), les frères Safdie proposent une autre voie, en reprenant à Hollywood son efficacité en termes de découpage, ici au service d’une histoire avant tout humaine.

D’un point de vue visuel, le film multiplie les plans tout en faisant preuve d’une lisibilité à toute épreuve quant à l’espace cinématographique représenté. La photographie est granuleuse et renforce l’expérience sensitive vécue devant le film. Enfin, on ne peut pas oublier la musique de Oneohtrix Point Never (Daniel Lopatin) , un concentré d’électronique réinventant avec bonheur les sons de clavier des années 80. Good Time avec son découpage trépidant en termes d’images s’avère une parabole de notre société où l’image sature notre existence à l’instar des néons envahissant chaque photogramme du film.

Pour autant les deux réalisateurs n’oublient pas de placer l’humain au centre de leur dispositif à travers le personnage de Connie Nikas, joué par Robert Pattinson. La voie qu'emprunte Connie pour aider son frère handicapé est une quête pour conserver son humanité.  Dans Good Time, chaque personnage tente en vain de se raccrocher à la cellule familiale ou aux amis pour ne jamais rester seul dans la jungle urbaine.

Le film tient de la tragédie grecque en mettant en scène un destin inexorable. Cette gradation devient alors une mécanique fascinante où chaque scène vient répondre à la suivante et construit de nouveaux enjeux qui rythment cette course implacable.

Porté par un Pattinson formidable en loser magnifique, Good Time est une œuvre qui correspond à la dimension d’art total du cinéma qui réunit en son sein la photographie, la musique, le théâtre…

L’un des films évènement de cette rentrée tout simplement !

 

Mad Will

Publié le 13/09/2017
Vous avez aimé cet article ? Nous avons besoin de vous pour faire vivre ce site. Soutenez-nous en faisant un don.
Abonnez-vous à notre page Facebook et suivez-nous sur les réseaux sociaux :

Critiques de la communauté

Si vous souhaitez écrire une critique, vous devez d'abord vous identifier.