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Un havre de paix

Hatzlila

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2018
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90 minutes
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Couleur
Affiche du film Un havre de paix Trois frères se retrouvent pour enterrer leur père dans le kibboutz de leur enfance. Avishai, le plus jeune, doit partir deux jours plus tard à la frontière libanaise où un nouveau conflit vient d'éclater. Il sollicite les conseils de ses frères qui ont tous deux été soldats. Itai souhaite endurcir le jeune homme tandis que Ioav n'a qu'une idée en tête : l'empêcher de partir. Dans ce kibboutz hors du temps, le testament du père va réveiller les blessures secrètes et les souvenirs d'enfance.
 

Réalisateur

Date de sortie

12/06/2019

Genre

Nationalité

Distribution

Classification

Tous publics

Critique de la rédaction

Notre critique CCSF

Le titre du premier long métrage du réalisateur israélien Yona Rozenkier, Un havre de paix, est profondément ironique puisqu’il décrit un conflit familial dans le contexte de la guerre israélo-libanaise de 2006.

Nous sommes dans un kibboutz tout proche de la frontière, où l’on entend le bruit des combats qu’on ne verra jamais, mais dont on est informé par des alertes successives répercutées par SMS, les sirènes ayant été coupées car leur bruit dérangeait les anciens de la communauté. Dans cet endroit vit, entre autres, une famille composée de deux femmes, la mère et la tante, et deux fils, l’ainé Itaï joué par le réalisateur, et le benjamin Avishaï, joué par l’un de ses frères, Misha. Le père est décédé et un troisième fils, le cadet, Yoav, (Yoel un autre frère du réalisateur) revient au Kibboutz à l’occasion de l’enterrement du paternel. On découvre petit à petit les tensions qui règnent dans cette famille et les raisons du départ du cadet. Les sujets de conversation et les actions s’entremêlent autour de la guerre extérieure israélo-libanaise et du conflit familial, car tout semble intimement lié.

Nous visionnons alors un film profondément subversif qui dénonce le comportement du peuple israélien où tout le monde, hommes, femmes, jeunes et vieux ne peuvent que se fondre dans le moule des valeurs guerrières et n’ont aucun droit à la déviance ou à la faiblesse. Cet état de fait engendre forcément en conséquence des défaillances, plus ou moins visibles, allant des séquelles post-traumatiques aux blessures et à la mort, en passant par une désertion, celle du fils ainé du lieu de vie familial. La pression sur le fonctionnement social et familial est tel que, même décédé, le père peut continuer à imposer sa volonté de transmission de ce « courage héroïque » à travers une épreuve couchée dans son testament et ainsi continuer à semer la zizanie dans sa propre famille.

Il semble évident à la vue de ce film que le réalisateur a voulu montrer la toxicité d’une société qui s’est construite sur des valeurs guerrières qui ne peuvent être remises en question ou même simplement éclaircies, sans déclencher de nouveaux drames et de nouvelles accusations.

Un film très fort sur un aspect particulier de la société israélienne, raconté de l’intérieur.

L.S.

 

Publié le 06/06/2019
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