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Comme si de rien n'était

Alles ist gut

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2018
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93 minutes
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Couleur
Affiche du film Comme si de rien n'était Janne vit avec Piet, un compagnon aimant dans une maison idéale. L’argent manque, les travaux sont pénibles mais elle va toujours de l'avant. Bref, la vie est belle. Lors d'une soirée arrosée, la jeune trentenaire est violée par Martin. Elle refuse de se considérer comme une victime, ne reporte pas le crime et n’en parle à personne. Pourtant, dans sa volonté d’affirmer que tout va bien, elle va perdre peu à peu le contrôle de sa vie. A force de nier les répercussions pyschologiques de son agression, elle va dérailler encore plus...

Casting

Rôle : Piet
Rôle : Martin
 

Réalisateur

Date de sortie

03/04/2019

Genre

Nationalité

Classification

Tous publics avec avertissement

Critique de la rédaction

Notre critique CCSF

Il est difficile de déterminer précisément quel est le sujet du premier film de la réalisatrice allemande Eva Trobisch, le déjà multiprimé, Comme si de rien n’était. Un film sur le déni, sur le consentement, sur le droit à l’autodétermination de ses sentiments et de ses actes, et des réponses à apporter à ceux d’autrui ? Difficile à dire car ce film complexe pose plus de questions qu’il n’apporte de solutions.

Janne (sublimement interprétée par Aenne Schwarz) vit harmonieusement en couple avec Piet (Andreas Döhler). Invitée à une soirée arrosée d’amicale d’anciens étudiants, Janne est, après celle-ci, violée par Martin (Hans Löw).

En cas de viol une « excuse » souvent servie est « j’étais et/ou elle était bourrée ».

C’est bien dans ce cadre que le drame se produit. Un « ami » trop entreprenant passe à l’acte malgré le refus de la femme. Le film retrace alors la sidération, le déni de cette femme qui, malgré les (timides) questions de son entourage va nier ce qui lui est arrivé. Cependant, on s’aperçoit vite que cette attitude relève aussi d’un choix délibéré. Minimiser l’importance de cet acte permet à Janne de « dominer » son violeur en le rabaissant, car elle lui montre ainsi son insignifiance.

Le cas de Janne est emblématique de ce que peuvent vivre les femmes dans ces circonstances. La double peine de subir puis d’avoir à raconter ce qu’elles ont subi. La voie qu’a choisie Janne serait donc : « tu m’as violée, et alors ? Je refuse d’assumer le rôle de victime, par contre, toi, le remords te poursuivra jusqu’à la fin de tes jours ». Car une des forces du film est de présenter un violeur presque « gentil », qui regrette son geste, loin de l’imagerie de l’homme violent surgissant brutalement au coin du bois. En faisant ce choix, la réalisatrice, s’aidant d’une mise en scène minimaliste, dénonce encore plus fortement un comportement inacceptable et inadmissible. Une sorte de viol mondain « comme si de rien n’était » qui est finalement ce que cette phrase dénonce, et pas du tout la « sidération » de la femme. Car c’est bien le chemin parcouru avant et surtout après le crime qui intéresse la cinéaste.

Grâce à un scénario très travaillé, écrit avant le déclenchement du mouvement #metoo, on ne peut qu’être saisi à la vision du film par l’analyse qui y est exposée. Un regard incisif d’une jeune réalisatrice déjà brillante.

L.S.

Publié le 01/04/2019
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