La Longue Nuit de l'exorcisme

Non si sevizia un paperino

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1972
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102 minutes
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Couleur
Affiche du film La Longue Nuit de l'exorcisme Un petit village du sud de l'Italie est le théâtre d'une série de meurtres dont les victimes sont tous des enfants. Alors que l'enquête piétine, la tension monte au sein de la petite communauté. Andrea Martelli, un journaliste venu écrire sur l'affaire, décide de suivre ses propres pistes. Il doit surmonter les idées reçues des habitants du bourg qui soupçonnent Patrizia, une jeune femme aux moeurs légères, avant de se tourner vers l'idiot du village...

Casting

Rôle : Patrizia
Rôle : Andrea Martelli
 

Réalisateur

Date de ressortie

17/07/2019

Genre

Nationalité

Distribution

Classification

-16 ans

Critique de la rédaction

Notre critique CCSF

Commençons donc cette revue des films de Lucio Fulci avec tout simplement son meilleur long-métrage. Un excellent thriller dont le titre français La Longue nuit de l’exorcisme n’a strictement aucun rapport avec un récit qui n’évoque jamais la possession. Le réalisateur italien reprend ici les codes du giallo italien avec ces policiers impuissants, le tueur dont on ne connaît pas l'identité, et les victimes innocentes. Sauf qu'ici Fulci réinvente totalement le genre, en déplaçant l’action en pleine campagne alors que les thrillers italiens se passaient en ville. De la même manière, ce ne sont plus des femmes qui sont les victimes, mais des enfants. Enfin, Fulci use du hors champ lors des meurtres alors alors que le giallo propose avant tout des scènes de meurtre esthétiques et sadiques.

Quand on connaît la période gore du cinéaste italien où le visuel prime sur les acteurs, on est frappé par la qualité de l'interprétation dans La Longue nuit de l’exorcisme. Fulci n'aimait pas beaucoup les acteurs et parfois se refusait à les diriger. Pourtant ici, ils sont tous excellents à commencer par le charismatique Thomas Millan dans le rôle d’un journaliste loin d'être idiot, mais qui agit avant tout pour avoir un scoop. À ses côtés nous avons Barbara Bouchet, citadine perdue dans ce village, ancienne toxicomane qui use de sa plastique comme instrument de pouvoir même sur les plus jeunes habitants du village. Enfin, magie des productions italiennes de l'époque, Georges Wilson apparait dans le film dans le rôle d’un étrange ermite perdu dans la forêt. À leurs côtés, nous avons deux acteurs déjà vus dans des films du maestro italien, le sémillant Marc Potel de l’Emmurée Vivante et Florinda Bolkan, l’héroïne du Venin de la peur qui change ici de registre avec le rôle d’une recluse habillée de haillons et connue sous le nom de la sorcière.

Il a été souvent dit que Fulci avait peu de tendresse pour l’être humain, mais rarement le réalisateur transalpin n'a été aussi loin dans le nihilisme que dans ce film où tous les personnages sont de véritables salauds. Même les enfants ne trouvent pas grâce à ses yeux en raison de leur volonté d’imiter les horreurs faites par les adultes. L’homme est ici un monstre qui utilise l’autre pour satisfaire ses bas instincts même s’il se drape parfois d’une fausse morale, comme le personnage du prêtre. Seule la recluse de la société qui se fait appeler la sorcière trouve grâce à ses yeux, mais elle se fera tuer sauvagement par une bande de villageois rétrogrades. Une séquence particulièrement violente dans un film pourtant assez avare en effets sanglants. Le réalisateur nous la montrera en effet agonisante sur le bord de la 4 voie qui contourne le village. Mais le plus terrible dans cette scène n’est pas l’hémoglobine versée, mais ces touristes dans leur voiture qui font mine de ne pas la voir et la laissent crever, car ils sont pressés d’arriver à la mer pour griller comme des sardines.

Enfin, le film est porté par une mise en scène d'une élégance rare et d’une grande sobriété. C’est une oeuvre maîtrisée visuellement qui compte de splendides séquences sous la pluie qui rappellent beaucoup le travail d’un Bong Joon Ho sur Memories of Murder. 

La Longue nuit de l’exorcisme est tout simplement un chef-d'oeuvre du cinéma italien dans la lignée d'un Elio Petri ou d’un Pasolini.

Mad Will

Publié le 08/07/2019
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