La Ligne rouge

The Thin Red Line

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1998
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170 minutes
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Couleur
Affiche du film La Ligne rouge En août 1942, sur l'île de Guadalcanal, tout n'est qu'ordre, calme, luxe et volupté. Le soldat Witt évolue en toute quiétude dans ce décor paradisiaque, où sérénité et harmonie ventilent la chaude atmosphère de cette partie de la Mélanésie. Mais l'éden se transforme soudainement en enfer lorsque s'engage la bataille qui oppose les Américains aux Japonais. Witt découvre alors un tout autre monde, celui de la guerre totale. Son bataillon, chargé de donner l'assaut, se heurte violemment à la résistance nippone. Au milieu de ses camarades agonisants, Witt décide de ne plus se soumettre aux ordres de son supérieur, un fou de guerre que rien ne semble pouvoir arrêter...

Casting

Rôle : le sergent Edward Welsh
Rôle : le soldat Witt
Rôle : le caporal Fife
 

Réalisateur

Date de ressortie

09/01/2019

Nationalité

Distribution

Classification

Tous publics

Critique de la rédaction

Notre critique CCSF

Sorti en 1998 et 3e long métrage du réalisateur américain (et 20 ans après son deuxième film), La ligne rouge est un véritable chef d’œuvre qui expose les horreurs de la guerre par un contraste saisissant entre la richesse et la quiétude de la nature, et le bruit et la fureur humaine. À l’aide de voix off multiples, les pensées intimes des soldats nous sont données et exposent leurs peurs et leurs traumatismes, bien loin de l’héroïsme guerrier de bon aloi. Des individus tremblants, pleurants, ou figés, qui sont à mille lieues des stéréotypes du « va-t’en guerre » héroïque que certains voudraient nous imposer en justification des guerres passées, présentes ou à venir. Avec son casting 5 étoiles (Caviezel, Penn, Clooney, Brody, Cusack, Harrelson, Travolta, Leto entre autres) ces hommes deviennent variable d’ajustement ou victimes nécessaires pour la conquête d’un territoire ou la satisfaction de l’ego d’un donneur d’ordre. Un des aspects les plus marquant du film est d’ailleurs son caractère universel puisque Malik ne filme jamais les japonais comme des ennemis. Logés à la même enseigne que les américains, ils sont terrifiés et sidérés par l’horreur et s’ils ne sont jamais doublés ce n’est pas que leurs pensées ne comptent pas mais plutôt pour renforcer l’identification aux soldats américains, étrangers en ce pays.

Au-delà de ces partis pris d’interprétation, ce film est avant tout une expérience visuelle particulièrement marquante avec une mise en scène qui fait jaillir la nature à chaque séquence. Expérience sensorielle également, comme lorsque Malick convoque ce grand silence alors que les soldats se positionnent, et que les ombres des nuages se dessinent sur les hautes herbes. Un vertige presque métaphysique, un décalage absurde entre ces hommes qui s’entretuent au sein de ce paradis. Au fur et à mesure que tout s’effondre autour de soi, y compris les remparts et les certitudes les plus intimes, « Croire au mensonge ou mourir, on ne nous laisse pas le choix ».

Un film magistral sur l’absurdité de la guerre et la folie humaine.


L.S.

Publié le 13/07/2017

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