SPECIAL ETE PAR MAD WILL #6 : MES 50 FILMS PREFERES

Publiée le 01 août 2020

Pour cet été, plutôt que de vous donner à lire de longues critiques, je vous propose une liste de 50 films que j’apprécie tout particulièrement afin d'échanger avec vous autour du cinéma. Pour réaliser cette sélection, je me suis astreint à des oeuvres que je n’avais jamais critiquées sur Chacun Cherche Son Film. De la même manière, les longs-métrages retenus devaient appartenir à des genres différents. C’est ainsi que vous trouverez aussi bien de la comédie que du cinéma fantastique ou érotique, et même du cinéma d’auteur français ! J’espère que cette sélection vous fera réagir et vous surprendra tout en vous faisant découvrir de petites perles.

En quelques lignes, j’essayerai pour chaque long-métrage de vous expliquer pourquoi cette oeuvre compte pour moi afin de vous donner envie de le voir ! N’hésitez pas à commenter sur les réseaux sociaux !

# 24 Le Treizième Guerrier de John McTiernan

Le film en VOD : https://video-a-la-demande.orange.fr/film/LE13EMEGUERW0107187/le-13eme-guerrier

Quand John McTiernan s’attaque au Treizième Guerrier, sa carrière vient d’être relancée par le succès du troisième volet de la saga Die Hard.  Pour son nouveau film, il s’associe avec l’écrivain Michael Crichton, l’auteur du roman Jurassic Park et créateur de la série Urgences. McTiernan souhaite adapter Les Mangeurs de morts, un roman de Crichton des années 70 mettant en scène de fiers Vikings qui devront faire équipe avec un poète arabe joué par Antonio Banderas. Le héros interprété par la vedette du cinéma espagnol sera dans un premier temps horrifié par les moeurs plutôt rustres de ses compagnons. Mais petit à petit, il sera touché par le sens de l’honneur des peuplades venues du Nord.

Il faut savoir que Michael Crichton dans la plupart de ces livres, part du principe que les légendes sont inspirées de faits réels qui ont été enrichis et modifiés par les conteurs. Il va prendre comme point de départ l’histoire vraie du poète Ahmed Ibn Fahdlan qui aurait suivi une horde de Vikings. Les aventures vécues par les héros du film s’inspirent de la légende de Beowulf. Cependant, l’auteur apporte des explications scientifiques aux différentes péripéties afin d’exclure tout élément surnaturel.

McTiernan shoote son film en extérieur et opte pour la caméra à épaule afin de nous plonger au cœur une épopée où nos héros devront faire face à des hommes préhistoriques fâchés avec le darwinisme. Le tournage est difficile pour les acteurs d’un point de vue physique, mais McTiernan tient la baraque. Les problèmes arriveront avec les projections tests. Le film est rejeté par un panel de spectateurs qui trouvent l’approche du réalisateur trop documentaire et le héros pas assez viril. Surtout, ils semblent déçus que les créatures surnaturelles qu’affrontent nos héros, ne soient au final que des hommes préhistoriques. En sa qualité de producteur, Crichton reprend en main le projet et évince McTiernan. Il change la musique, coupe dans le film afin d’obtenir un montage plus efficace, et retourne quelques scènes. Peu importe les changements, le film se ramasse au box-office mondial, excepté en France.

Même si on aurait aimé découvrir le montage original de McTiernan, l’œuvre telle que nous la connaissons est tout de même l’un des plus beaux films d‘aventures de ces quarante dernières années. McTiernan nous donne ainsi à voir de sublimes images nocturnes éclairées seulement par des torches qui ressemblent aux tableaux de Georges de La Tour. Grâce à sa caméra qui suit au plus près ses personnages, il arrive également à nous faire ressentir de façon physique les éléments naturels sans avoir recours à la 4DX !

En nous faisant suivre les pas de courageux vikings qui devront faire face à la barbarie, McTiernan nous offre tout simplement le plan plus épique de l’histoire du cinéma avec ce chef viking attendant la mort sur son trône. Sublime tout simplement !

 

#23 Mais ne nous délivrez pas du mal de Joël Séria

Le film en VOD ou DVD : Le film est introuvable, il est seulement diffusé de temps en temps en festival. Bonne chance pour vos recherches !

Joël Séria nous propose ici un O.F.N.I. (objet filmique non identifié) au parfum de scandale, qui sera longtemps interdit par la censure de droite dans notre pays. Pour son premier long-métrage, il met en scène deux adolescentes dans un pensionnat catholique, qui décident en réponse à la morale religieuse, de répandre le mal autour d’elles. Ne vous attendez pas à un remake de La malédiction avec ce film du réalisateur des Galettes de Pont-Aven. Mais ne nous délivrez pas du mal est avant tout un manifeste libertaire remettant en cause la religion, mère de tous les vices comme nous le rappellent les sordides affaires de moeurs qui émaillent l’histoire de l’église.

Nos héroïnes sont avant tout deux adolescentes un peu perdues dont les parents se sont littéralement débarrassés pour les mettre au pensionnat. Elles ne font jamais le mal autour d’elles de façon consciente et calculée, elles le font par réaction au monde qui les entoure. En opposition à l’innocence de ses héroïnes, Séria nous dresse un portrait sordide du monde des adultes composé de lâches et de pervers libidineux qui reluquent avec insistance le corps des deux gamines.

Nous avons à faire à un film choc qui attaque de façon violente et salutaire une France embourgeoisée votant RPR et amenée à mourir. Joël Séria verra son film banni par les médias et le CNC, pourtant c’est peut-être le plus beau cri d’amour jamais réalisé en direction de la jeunesse. Un chef-d’œuvre assurément !

 

#22 Delicatessen de Marc Caro et Jean-Pierre Jeunet

Le film en VOD : https://www.universcine.com/films/delicatessen

Produit par Claudie Ossard qui avait accompagné les premiers pas de Beineix et de Laurent Boutonnat, Delicatessen demandera 6 années pour voir le jour alors que ses deux réalisateurs s'étaient fait repérer avec deux courts-métrages d'exception : Le Manège et Le Bunker de la dernière rafale. Difficile en effet, de trouver des fonds dans un cinéma français frileux quand on parle de fantastique ! Le cinéma de Caro et Jeunet est vraiment le digne héritier des créations de Méliès. On y retrouve en effet les origines foraines du 7ème art à travers la création d’un univers fait de bric et de broc où triomphe le trompe-l’oeil. Delicatessen est un travail d’orfèvre, une savante horlogerie où les deux réalisateurs se sont impliqués dans le moindre détail.

Delicatessen est le manifeste d’un fantastique français plus porté sur l’imaginaire que le surnaturel. Le travail de Caro et Jeunet reprend ainsi à son compte la photographie en clair-obscur et les acteurs avec "une vraie gueule" du cinéma d’avant-guerre. Les auteurs ne veulent pas ici reproduire le réel, mais en proposer une relecture poétique. Un film marquant dont on se souvient pour la séquence de la salle de bain refaite par Del Toro dans La Forme de l'eau. Un instant de cinéma qui reste à ce jour l’une des plus belles trouvailles visuelles du 7ème art français.

Un superbe film à voir et à revoir !

 

#21 Sunshine de Danny Boyle

Le film en VOD : https://vod.canalplus.com/cinema/sunshine/h/438278_40099

Pour ma part, Sunshine de Danny Boyle est le meilleur film de S.F. de ces 20 dernières années.

Ce long-métrage ne fut pas une bonne expérience pour son réalisateur qui s’est plaint de la trop longue phase de préproduction liée aux effets spéciaux du film. De plus, sa collaboration avec le romancier Alex Garland fut tendue. Ce dernier reprochera au cinéaste d’avoir privilégié l’efficacité et les scènes d’actions au détriment du caractère métaphysique du script d’origine et décidera de ne plus travailler avec lui.

Sunshine est un grand film de S.F. qui vous donne l’impression de plonger dans l’immensité du cosmos. Le réalisateur anglais, en accordant une attention particulière à l’échelle des vaisseaux par rapport aux planètes et autres astres incandescents, nous fait ressentir de façon émotionnelle, la vacuité de nos existences face à des forces qui nous dépassent.

Ce que j’apprécie dans Sunshine par rapport à d’autres œuvres plus connues du genre comme Interstellar, c’est son savant dosage entre l’action et les réflexions métaphysiques. En effet, c'est un film riche qui ne se sent pas obligé de surligner ses interrogations sur la race humaine en l’accompagnant d’une musique larmoyante. De plus, Boyle est vraiment à son aise quand il s’agit de radiographier les jeux de pouvoir dans un groupe qui finira toujours par exploser à cause des individualismes, que ce soit dans Sunshine, Petits meurtres entre amis ou encore Trainspotting.

Somptueusement filmé et porté par la superbe B.O. de John Murphy du groupe Underworld, Sunshine est un très grand film de science-fiction.

 

#20 L'amour avec des gants de Guido Manuli et Maurizio Nichetti

Le film en DVD et VOD : Bonne chance pour le trouver ! Mais c'est possible. J'ai réussi.

L'amour avec des gants est une comédie fantasque et fantastique peu connue dans nos contrées et qui est à découvrir d’urgence. Le film raconte l’histoire d’un bruiteur de cartoon qui travaille avec son frère Patrizio. Alors qu’il se retrouve à devoir superviser la bande-son d’un porno, il rencontre au même moment une drôle d’assistante sociale, tellement passionnée par son métier qu’elle se déguise en de multiples personnages pour améliorer le quotidien des gens qu’elle suit. Notre héros tombe amoureux de la jeune femme, mais une étrange maladie se déclenche lors de leur première rencontre amoureuse : il se transforme petit à petit en personnage de dessin animé.

L'amour avec des gants est une sorte de Roger Rabbit revu par Luis Buñuel pour son histoire un brin surréaliste et sa galerie de personnages déjantés. N’oublions pas non plus de citer Almodovar pour la sensualité toute latine de l’œuvre. L’acteur principal et coréalisateur du film, Maurizio Nichetti est un maître du burlesque, parfaitement à l’aise dans son personnage de clown lunaire. Il nous offre ici une multitude de gags visuels, qui rappellent les grandes heures du genre. Grâce à un scénario inventif et les techniques du cinéma d'animation, il nous livre un chef-d’œuvre entre Le Mécano de la « General » de Buster Keaton et les premières aventures de Mickey dans les années 30.

Guido Manuli et Maurizio Nichetti signent ici une magnifique comédie qui a le mérite de parler avec intelligence du sentiment amoureux. Touchant !

Mad WIll

A la semaine prochaine pour cinq nouveaux films !

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