Le film de la semaine : Ricordi ?

Publiée le 30 juillet 2019

Deuxième long métrage du réalisateur italien Valerio Mieli, Ricordi ? interroge son spectateur. Te souviens tu ? demande le titre de ce très beau film baroque, poétique, baigné dans une atmosphère fellinienne, et tout en mouvements. C’est un film nostalgique placé sous le signe de la subjectivité.

La critique :

Deux personnages, une fille solaire, toujours gaie (Linda Caridi), rencontre un homme lunaire, frôlant la dépression, renfermé, un être voué au spleen, d’une ténébreuse beauté (Luca Marinelli). Le coup de foudre est immédiat lors d’une fête et un couple se formera assez longtemps pour élaborer des souvenirs communs peu à peu brouillés et interprétés.

Le film est construit dans un monde où le vrai ne s’oppose pas au faux, où la subjectivité règne et avec elle l’imprécision, le souvenir flou dont on ne garde que ce qui nous semble le plus beau, le plus poétique, le plus impressionnant au sens pictural du terme.

Le cinéaste pose la question de l’influence de ce qui constitue une psyché (imagination, caractère, intellect…) sur le souvenir et s’interroge à la fois sur la formation des réminiscences et les conséquences des souvenirs sur les actions présentes. Il s’attaque donc à un problème ardu, qui peut faire penser à celui de la poule et de l’œuf.

A travers de superbes plans, des séquences au rythme lent, de nombreuses questions sont posées : quelle valeur donner aux souvenirs, à leur véracité, leur beauté, leur prégnance ?

Faut-il les regretter, chercher à s’en débarrasser, se laisser envahir par eux, les repousser ?

Peut-on vivre dans le présent ? Qu’apprendre du passé ? Comment envisager le futur ? Les réponses à ces questions sont d’autant plus délicates à obtenir que rien n’est tranché, chacun a son point de vue et en change, influencé par l’autre membre du couple. Chacun fait comme il peut ou comme il veut avec sa propre mémoire ou perception.

On peut se sentir déboussolé par les changements de point de vue et ces alternances de souvenirs et de présent. Cependant, le montage remarquable fait que l’on n’est jamais perdu et que l’on peut goûter à plein et sans perdre le fil la poésie qui imprègne ce film fascinant.

L.S.

La bande annonce :

 

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