SÉANCE OUTBUSTER #10 : DEAD LEAVES

Publiée le 05 juillet 2019

Le film sur Outbuster : https://www.outbuster.com/entre-potes/dead-leaves

Attention le film est réservé à un public averti en raison de scènes de violence et de nudité.

Que raconte le film Dead Leaves ?

Pandy et Retro, en plus d'avoir des patronymes de transmorphers, se réveillent nus sur Terre sans aucun souvenir de leur passé. Après une course-poursuite dans les rues de Tokyo entre eux et la police, ils se retrouvent emprisonnés dans la prison lunaire appelée Dead Leaves d'où ils vont bien entendu essayer de s'échapper à tout prix avec l'aide de leurs nombreux camarades de cellule... Le délire ne fait que commencer et il n'est pas prêt de s'arrêter.

Pas besoin de s'étaler sur le scénario assez mince de Dead Leaves qui n’est pas à proprement parler une œuvre fictionnelle. Ce manga est surtout une claque visuelle qui repose sur un montage épileptique d’une grande lisibilité alors que les repères spatiaux temporels sont totalement déconstruits par un réalisateur survolté. Ce film d’animation japonais est avant tout une expérience sensitive basée sur le mouvement où chaque action des personnages entraîne une nouvelle situation et donc un nouveau flux d’images. Pendant 55 minutes vous n'aurez jamais le temps de reprendre votre souffle, car vous serez happé par l'inventivité permanente d’un film qui se vit comme une descente en montagnes russes. À ce titre, ne vous fiez pas aux photogrammes (images fixes) tirés du film, car Dead Leaves possède un style visuel pensé pour être animé et ne repose pas sur la beauté intrinsèque du dessin.

Le film est financé par Production IG, un prestigieux studio japonais connu pour les films de Mamoru Oshii tels que Patlabor ou Ghost in the shell. La réalisation de Hiroyuki Imaishi est très éloignée des codes visuels du manga et ferait plutôt penser à une version techno des délires pop de Ralph Bakshi sur Coonskin ou Cool World. De la même façon, le design d'Imai Toonz évoque plutôt le comics américain avec son trait géométrique qui fait indéniablement penser au Hellboy de Mike Mignola. Il faut saluer la folie et l’audace de ces deux artistes qui nous donnent à voir un film aux limites de l'expérimental, un concentré de fureur et de mauvais goût avec parfois une touche de tendresse.

Dead Leaves est un concentré d’énergie qui ferait passer n’importe quelle scène d’action d’un blockbuster comme Avengers pour un documentaire en temps réel sur un EHPAD. Dans Dead Leaves, tout va trop vite, tout est trop coloré, c'est un film plein de fureur à la bande-son techno tonitruante qui donne l’impression à ses spectateurs d'avoir vécu une expérience unique dans le cinéma contemporain, de s’être rapprochés de l'idée même de modernité alors que la création actuelle ne cesse de remettre au goût du jour le passé depuis quelques années. Dead Leaves est un ovni indispensable, une expérience « godardienne » sous amphétamines que je vous invite à voir absolument !

Mad Will

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