Séance de rattrapage : LE MYSTÈRE HENRI PICK

Publiée le 16 mars 2019

Rémi Bezançon offre avec Le mystère Henri Pick une comédie divertissante très réussie, portée par deux acteurs talentueux en grande forme.

La critique :

Une jeune éditrice (Daphné Despéro, interprétée par Alice Isaaz) découvre par hasard un manuscrit, Les dernières heures d’une histoire d’amour, dans une bibliothèque nichée au bout de la Bretagne, qui possède une salle consacrée aux textes renvoyés par les éditeurs. Publié par ses soins, le roman bat tous les records des ventes. Adaptation d’un roman de David Foenkinos par Rémi Bezançon, (réalisateur de l’excellent Le premier jour du reste de ta vie), Le mystère Henri Pick commence sur cette découverte assez inattendue et continue par une enquête d’un critique littéraire animateur d’une émission télévisuelle (Jean-Michel Rouche interprété par Fabrice Luchini). En effet, notre ersatz de Bernard Pivot ne croit pas une seconde aux capacités littéraires de l’auteur présumé du manuscrit, un pizzaïolo breton habitant récemment décédé du village dans lequel se situe cette étrange bibliothèque. Il fera donc tout pour démasquer ce qu’il considère comme une supercherie et trouver le véritable auteur du manuscrit à succès.

Sympathique film d’enquête, qui n’est ni un policier ni un thriller, sans meurtre, sans police et sans effroi, Le mystère Henri Pick est une superbe démonstration du talent de Fabrice Luchini, mais pas seulement. En effet, le film est drôle, bien enlevé, et même si l’intrigue est un peu ténue (on se doute fort de la solution de ce mystère) on est porté pendant 101 minutes par la dynamique scénaristique et le jeu jouissif des comédiens. Pour donner la réplique à Luchini, Camille Cottin (Joséphine Pick) excelle en fille du défunt auteur jouant la cynique de service, et doublant Luchini à son propre jeu, c’est peu dire !

Jouant autant sur le comique de situation que sur des répliques bien senties, le film se moque gentiment de ses personnages et d’une façon plus générale des préoccupations des éditeurs, auteurs et autres critiques du milieu littéraire. Il jette aussi un regard tendre sur son personnage principal qui, par une discrète mise en abyme, fabrique par son enquête son propre récit d’apprentissage. Un film léger donc, mais brillant, un vrai divertissement.

L.S.

La bande annonce :

 

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