Les trésors de Mad Will : VOLUME 1

Publiée le 26 octobre 2018

Les trésors de Mad Will… C’est une sélection de petites perles du cinéma de genre que je souhaite vous faire découvrir ou redécouvrir.
Cette semaine, je vous propose de revoir : Wolfen de Michael Wadleigh, Santa Sangre d' Alejandro Jodorowsky, La compagnie des loups de Neil Jordan, Les sorcières de Nicolas Roeg, et enfin Truly, madly, deeply d'Anthony Minghella.

Je vous retrouve le vendredi 2 novembre avec cinq nouveaux films !

Wolfen de Michael Wadleigh

Je me tiens au courant chaque semaine des sorties sur Netflix. Je m’étais donc préparé à vous chroniquer d’Aucun homme ni dieu de Jeremy Saulnier dont j’apprécie le travail de metteur en scène. Mais entre temps, j’ai vu le film et je vais être franc avec vous : je me suis beaucoup ennuyé. Par contre, j’ai beaucoup pensé à Wolfen signé par le réalisateur de Woodstock en regardant le métrage. Je décidais donc de vous parler de cet excellent polar fantastique. Il faut savoir que le montage de Wolfen que nous connaissons est l’oeuvre des distributeurs et des producteurs qui ont remercié le réalisateur Michael Wadleigh après avoir découvert son premier montage de 4 heures. Wolfen est un film étrange dont beaucoup de cinéphiles se souviennent pour une mémorable course poursuite mettant en scène des loups. À l’instar de Candyman, le fantastique ici est à forte connotation sociale. Le long-métrage est un pamphlet qui dénonce une société qui abandonne certains quartiers où la vie n’a plus de valeur. C’est également une superbe réflexion sur la place des Indiens dans la société américaine. Porté par un Albert Finney impeccable et préféré par le réalisateur à un Dustin Hoffman qui rêvait d’avoir le rôle, Wolfen prend son temps et nécessite un engagement de son spectateur. Un fantastique ambitieux et adulte dans la lignée des films australiens de Peter Weir tels que La Derniere Vague ou Pique-nique à Hanging Rock que je vous invite à découvrir. Une enquête policière matinée de légendes indiennes à revoir d’urgence en ces temps où le totalitarisme et la destruction de la planète sont plus que jamais d’actualités.

La bande-annonce : https://www.youtube.com/watch?v=w1BH0uPIruQ

Le film en VOD : https://www.canal-vod.com/Cinema/22047-wolfen

Santa Sangre d'Alejandro Jodorowsky

Alejandro Jodorowsky possède un univers qui ne peut laisser indifférent. Certains spectateurs rejetteront en bloc les oeuvres de cet enfant du surréalisme qui créa avec Arrabal et Topor le mouvement PANIQUE tandis que d’autres s’extasieront devant l’originalité et la force créative de son cinéma. Je l'avoue de suite, je fais partie de ses grands admirateurs, El topo ou Poesía Sin Fin font tout simplement partie de mon panthéon cinématographique personnel. Santa Sangre qu’il réalise presque dix après l’échec de Tusk marque son retour au cinéma. Claudio Argento qui souhaitait ne plus être seulement associé à l’oeuvre de son frère Dario, offre alors la possibilité à Jodorowsky qui est devenu entre-temps un scénariste respecté de la bande dessinée, de tourner un film au Mexique.

Au premier abord, Santa Sangre ressemble à un giallo avec ce meurtrier qui exécute des femmes à l’arme blanche. Cependant la comparaison s’arrête là. En effet, le film est avant tout une oeuvre poétique pensée par son réalisateur pour guérir. En racontant le trauma vécu par un enfant qui le conduira sur la route du meurtre avant qu’il ne réussisse enfin à échapper à ses démons, Jodorowsky conçoit un monde où la violence, l’amour, la beauté et l’horreur humaine se côtoient pour le meilleur et pour le pire comme dans la scène de l’enterrement de l’éléphant.

Un chef d'oeuvre tout simplement.

La bande-annonce : https://www.youtube.com/watch?v=fDgwu4scwQM

Le film en VOD : https://www.universcine.com/films/santa-sangre

La compagnie des loups de Neil Jordan

La compagnie des loups est une œuvre fascinante et malheureusement trop méconnue. Variation cinématographique de La philosophie des contes de fées de Bruno Bettelheim, le film adapte une nouvelle d'Angela Carter tirée de son livre La compagnie des loups. L’auteure anglaise s’était fait connaître pour ses réécritures féministes des contes de notre enfance. Le film de Neil Jordan est un manifeste qui milite pour que les filles soient maîtres de leur sexualité en s‘échappant des diktats religieux, moraux ou autres. Le réalisateur irlandais nous offre un voyage envoûtant dans un univers de conte de fées recréé en studio où les décors sont dignes des plus belles illustrations des livres de notre enfance.  Une œuvre littéraire au sens le plus noble du terme. Un film audacieux dont certaines scènes comme le banquet resteront à jamais gravées dans l’esprit du cinéphile.

La bande-annonce : https://www.youtube.com/watch?v=Goa-vDD7BXk

Le film en DVD : https://www.amazon.fr/dp/B00LCI5WAC/ref=asc_df_B00LCI5WAC1540036800000/?tag=allo0f4-21&creative=22686&creativeASIN=B00LCI5WAC&linkCode=df0

Les sorcières de Nicolas Roeg

Le réalisateur anglais de Ne vous Retournez Pas adapte Sacrées sorcières de Roald Dahl, l’une des œuvres les plus mémorables de la littérature jeunesse. Une rencontre qui donne envie à Mad Will surtout quand celui-ci apprend que c’est la boîte de Jim Henson (Dark Crystal) qui produit et s’occupe des effets spéciaux. Sacrées Sorcières n’est pas une oeuvre évidente à adapter, son récit est un mélange unique d’épouvante et d’humour qui risque d’être édulcoré lors de son passage à l'écran.  De même, les romans de Dahl sont des oeuvres uniques portées par un style haut en couleur difficile à rendre en images. Dans son adaptation, Roeg va s’appuyer sur un montage hystérique et multiplier les gros plans ainsi que les angles de vue impossible. Porté par des effets spéciaux splendides pour l’époque, le film nous donne à voir des sorcières réellement effrayantes qui hanteront le sommeil des plus jeunes.  Pour autant, comme on pouvait s’y attendre, le film est bien trop sage par rapport à son modèle littéraire. Le long-métrage ne conserve pas la fin originelle du roman qui traitait de la mort et donnait à ce récit une profondeur absolument bluffante pour un roman jeunesse. La conclusion du film avec une sorcière qui change de camp est beaucoup trop manichéenne et change littéralement l’esprit de l’histoire. On note également que la grand-mère chez Roeg est nettement moins bidasse que dans l’œuvre originale, où elle était une tueuse de sorcières le cigare aux lèvres. 

Du point de vue de la mise en scène, Roeg tire son épingle du jeu avec une esthétique cartoonesque qui rend admirablement le rythme tonitruant des romans de Roald Dahl. Les acteurs que ce soient Rowan Atkinson ou Anjelica Huston sont également parfaits et participent beaucoup à la réussite du film.  Pas la meilleure œuvre de Roeg, mais une adaptation plutôt correcte de l’écrivain dont la virtuosité narrative et l’imagination sans limites me semblent difficiles à rendre à l’écran.

La bande-annonce : https://www.youtube.com/watch?v=qYO8jbG9A2I

Le film en VOD : https://www.filmotv.fr/film/les-sorcieres/1452.html

Truly, madly, deeply d'Anthony Minghella

L’un des plus beaux mélodrames du monde. Ce film anglais passé totalement inaperçu dans nos contrées est pourtant signé par le réalisateur du Patient Anglais, Anthony Minghella, et interprété par Alan Rickman, (vu dans Piège de Cristal , Harry Potter…).:
Précédant d’un an l’ignoble Ghost avec Patrick Swayze, Truly, madly, deeply est un grand film autour de la mort qui emploie la mythologie des fantômes. Le réalisateur utilise cette figure du fantastique pour raconter le long et dur chemin de croix qu’est le deuil. L’interprétation du film est à ce titre d’une justesse rare, évitant le pathos grâce à des acteurs loin des stéréotypes de beauté en silicone d’Hollywood. Jamais démonstratif, ne cherchant pas la larme à tout prix et porté par un fantastique proche du quotidien, le film use de détails signifiants comme le chauffage que le fantôme ne cesse de pousser, jusqu’à rendre l'air irrespirable pour l’héroïne dans son appartement.

Il faut noter que cette œuvre était une commande de la BBC. À l’instar du Duel de Spielberg, Truly, madly, deeply est l’un des rares téléfilms dans l’histoire du 7ème Art à devenir un film distribué en salle. Merveilleux, touchant, toujours juste et souvent drôle, Minghella signe un mélodrame unique à redécouvrir d’urgence.

La bande-annonce : https://www.youtube.com/watch?v=BdBl0opvUp0

Le film en DVDhttps://www.amazon.fr/dp/B00005UEHD/ref=asc_df_B00005UEHD1540123200000/?tag=allo0f4-21&creative=22686&creativeASIN=B00005UEHD&linkCode=df0

 

Mad Will

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