Le film de la semaine : L' ÎLE AU TRÉSOR

Publiée le 03 juillet 2018

L'île au trésor, le nouveau film de Guillaume Brac (Un monde sans femmes) est notre réalisation de la semaine. Un documentaire qui offre un beau portrait de la jeunesse contemporaine.

La critique :

L’ile au trésor, c’est la base nautique de Cergy Pontoise autour duquel Guillaume Brac a grandi et à laquelle il consacre ce nouveau documentaire. Le temps d’un été, le réalisateur suit les jeunes adeptes du Lac comme terrain de jeu et de drague : deux potes s’acharnent pour obtenir un numéro ou un « snap » (un profil Snapchat), tandis que les moniteurs de pédalos profitent de leur position pour amadouer les jeunes filles et les convier en after.

Le lac c’est aussi ses vigiles qui luttent avec bienveillance contre les petits resquilleurs qui n’ont pas les 4 euros 50 requis pour passer l’entrée. Sans se faire attendrir par ceux qui supplient et avouent n’avoir que Cergy pour passer leurs vacances, les hommes en noir tentent tant bien que mal de faire régner l’ordre à coup de sermons. En haut de la hiérarchie, deux administrateurs discutent dans leur bureau. Filmés en plans fixes, leurs échanges entrecoupent les petites histoires  des baigneurs : les deux hommes scrutent la météo pour prévoir les affluences, s’expriment dans un drôle de jargon et maudissent les jeunes maîtres nageurs qui squattent le lac après la fermeture.

L’ile au trésor est un beau portrait de la jeunesse qui se drague et se taquine, promet de se revoir, au moins virtuellement. Les plus petits font sourire quand ils caressent un chat, posent des questions naïves ou s’amusent entre frères et sœurs. Guillaume Brac a sur eux la même tendresse de regard qu’a pu avoir François Truffaut dans l’Argent de poche. Le film prend des accents plus graves lorsqu’il recueille le témoignage du vigile de nuit à l’accent africain ou celui du père de famille immigré qui prépare le barbecue.

Le choix du documentaire est cohérent avec le travail précédent de Guillaume Brac, qui a toujours aimé osciller entre fiction et réalité, notamment dans son premier moyen métrage Un monde sans femme où les dialogues sont fluides, comme improvisés, et où les lieux de tournage authentiques (une station balnéaire bretonne, une boîte de nuit de périphérie) nous plongent dans une France populaire.

L’ile au trésor sait cependant quitter l’ordinaire et approcher le merveilleux, déjà par son titre appelant au récit d’aventures, et puis par certains passages hors du temps, notamment lorsque les jeunes découvrent une pyramide sur le lac et s’improvisent héros de roman.

Les multitudes de portraits dans un documentaire portent souvent le risque de l’éparpiller, ce à quoi Guillaume Brac n’échappe malheureusement pas, mais on se délecte de toutes ces scénettes qui amusent et portent un regard juste sur les nouvelles mœurs de la génération Z et son langage parfois si étrange.

S.D.

La bande-annonce :

 

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