Ce soir sur Netflix - LA MALÉDICTION

Publiée le 02 mars 2018

Classé parmi les meilleurs films sortis en 1976 et considéré aujourd’hui encore comme culte dans le cinéma d’horreur, La Malédiction est un film complet et un incontournable du genre. Il allie un casting brillant (Gregory Peck, Lee Remick) peu habitué de ce genre de production, une musique incroyable, oscarisée via son éminent compositeur Jerry Goldsmith (unique oscar de sa carrière d’ailleurs) et une mise en scène moderne traversée par des fulgurances visuelles et qui offre son lot de séquences marquantes entre décapitation, chute non accidentelle et pendaison forcée.

 

Robert Thorn, ambassadeur des États-Unis à Londres, doit faire face à une annonce tragique : son enfant n’a pas survécu à l’accouchement. Dévasté, il décide d’adopter un bébé orphelin sans le dire à son épouse. Une série d’événements étranges amènent Robert Thorn à se questionner sur la véritable nature de son fils.

Produit par la 20th Century Fox qui s’est fortement impliquée dans le projet, La Malédiction a traversé les âges et se pose aujourd’hui en référence des films de possession. Il est clair que le film surfe sur la vague déclenchée par le succès de L’exorciste (1973), mais il n’en reste pas moins une référence solide dans l’imaginaire horrifique. La très bonne performance du jeune Harvey Stephens, chérubin terrifiant, le traitement assez réaliste de Richard Donner et la bande son culte de Jerry Goldsmith façonnent un film d’ambiance percutant. Si le sujet du film est déjà vu, l’angle adopté est ici nouveau puisqu’il s’intéresse à la figure de l’antéchrist incarné par un enfant.

L’histoire du cinéma regorge de ces figures « sacrilèges » (Les démons du maïs (1984), Le village des damnés (1995), Esther (2009) etc) ar Il y a toujours quelque chose de très transgressif à associer la pureté innée des bambins avec des comportements violents. Si on pense d’abord à Clayton avec son incroyable et très subversif Les Innocents, sorti en 1961, force est de constater que le plus marquant arrivera en 1989 avec le jeune Gage Creed de Simetierre (Mary Lambert d’après Stephen King), un virtuose du scalpel qui fait bégayer notre conscience dans une dernière partie sidérante de cruauté où la monstruosité de ses actes tranche avec son apparence angélique. Damien Thorn, l’enfant de La Malédiction est incontestablement de cette race-là, ou plutôt il en serait rétrospectivement la source.

Pour en finir avec les résonnances cinéphiliques, on évoquera Rosemary’s baby (1968) avec qui le film partage cette histoire d’antéchrist et de secte.

Un aspect intéressant, amplifié ici par le fait que Damien Thorne soit placé dans une famille politiquement influente et donc qu’il représente une potentielle menace mondiale. Mais une menace en gestation, car le représentant du Malin découvre petit à petit ses pouvoirs. Pour mettre en scène ce tournant dans la lutte ancestrale entre le bien et le mal, Richard Donner a choisi une mise en scène moderne, axée sur une efficacité visuelle qui transcende plusieurs séquences (globalement tous les accidents) et qui joue en parallèle sur le symbolisme religieux (antéchrist et secte obligent) avec une imagerie forte : prêtre, cimetières et armée de Rottweilers. Le tout accordé avec une musique diabolique composée par Jerry Goldmith, une messe en latin à la gloire de Satan, le fameux Ave Satani devenu culte et dont les chœurs donnent des frissons.

Le succès de La Malédiction lancera une franchise qui connaitra deux suites, un téléfilm et un remake, et son énorme succès au box-office avec 60 922 980 $ récoltés pour un budget de 2.8 millions de dollars permettra à Donner de réaliser le grand Superman puis d’enchainer avec la carrière qu’on lui connaît (L’arme fatale, Les Goonies etc).

T.K.

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