L'Apparition

137 minutes
|
Couleur
Affiche du film L'Apparition Le Vatican est en train de mener une enquête canonique sur Anna, une jeune femme de 18 ans qui affirme avoir vu la Vierge. Il demande à Jacques Mayano, grand reporter dans un quotidien français, d'investiguer. Cet homme de raison se rend dans la petite ville du sud-est de la France où s'est déroulé le phénomène. Il fouille le passé d'Anna et découvre qu'elle a eu une enfance chaotique et sans amour. Le père Borrodine a pris sous son aile la jeune fille et croit dur comme fer à ses visions. En cherchant des preuves, Jacques affronte l'homme d'Eglise. De son côté, Anna, qui a su le percer à jour, commence à le faire douter...

Réalisateur

Date de sortie

14/02/2018

Genre

Nationalité

France

Distribution

Classification

Tous publics

Acteurs

Rôle : Jacques Mayano
Rôle : le père Borrodine

Critique de la rédaction

Notre critique CCSF

Faut-il avoir peur de croire ? Tel est le thème du nouveau film de Xavier Giannoli : L’apparition.

Alors que le synopsis pourrait laisser penser au premier abord qu’il ne s’agit que d’un film sur la foi avec ce « journaliste qui enquête sur des apparitions de la vierge », on comprend vite qu’il n’en est rien. Car les résultats de l’investigation importent peu à Giannoli. Il a bien conscience que les convaincus continueront de croire et que les non-croyants ne seront pas convaincus par des « preuves » d’apparitions.

La vérité est donc ailleurs, comme il est rappelé plusieurs fois dans le film, et c’est à Jacques de tenter de l’approcher. Personnage magnifiquement interprété par Vincent Lindon, il est un homme terrifié après avoir vécu la mort de son coéquipier photographe. Il craint de ne pas pouvoir retravailler et reste traumatisé par cet événement tragique, se sentant coupable de n’avoir pas su protéger son compagnon de travail.

Pourtant lorsque le Saint Siège l’appelle pour une mystérieuse mission, Jacques répond présent. La fibre enquêtrice reprenant le dessus Jacques accepte cette enquête d’un autre genre. Alors, le combat que relatait Jacques en tant que reporter de guerre change de nature, ce n’est plus la guerre physique mais une guerre psychologique tout aussi effrayante : qui ment mieux que l’autre ?

Jacques apparait donc d’abord comme enquêteur, chevalier qui combat pour la vérité, mais aussi comme celui qui libérera la parole, permettant son expression. Et on n’est pas loin d’une parole évangélique, comme lorsque le Christ disait à ses apôtres, « En vérité, en vérité je vous le dis ».

La foi permet de rompre le lien entre peur, doute et mensonge et les premières paroles de la Vierge rapportées par Anna (sublime Galatea Bellugi), jeune novice à qui la vierge est apparue, sont d’ailleurs : « n’ayez pas peur ». Si Jacques, lors de son arrivée au sein de la commission d’enquête canonique diligentée pour l’occasion est accueilli par un « Ne soyez pas inquiet », et si la femme de Jacques, sous Skype, lui demande : « de quoi as-tu peur ? », c’est que Jacques n’a pas la foi. Sa recherche de la vérité sera donc aussi celle de son cheminement spirituel.

Restez jusqu’au bout du film, la dernière scène est la plus belle et la plus porteuse de sens. Vraiment.

La vérité est ailleurs, on vous aura prévenus.

 

L.S.

Publié le 12/02/2018

Critiques de la communauté

Si vous souhaitez écrire une critique, vous devez d'abord vous identifier.