The Bacchus Lady

Jug-yeo-ju-neun Yeo-ja

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2016
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110 minutes
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Couleur
Affiche du film The Bacchus Lady So-young, est une dame âgée qui, faute d’une retraite suffisante, doit arrondir ses fins de mois en devenant une “Bacchus Lady”, terme élégant pour désigner une prostituée. Ses clients se font rares. Ses habitués prennent de l’âge, comme elle, et sont confrontés à d’autres problèmes liés à la sénescence (cancer, maladie d’Alzheimer, sentiment de profonde solitude…). Ses conditions de travail devenues difficiles, mais aussi sa rencontre avec une vielle amie, et l’irruption inattendue d’un petit garçon dans sa vie – un Philippin dont la mère effectue un court séjour en maison d’arrêt – vont l’obliger à réfléchir à son avenir et à certaines options professionnelles qui s’offrent à elle.

Réalisateur

Date de sortie

01/08/2018

Genre

Nationalité

Corée du Sud

Distribution

Classification

Tous publics

Critique de la rédaction

Notre critique CCSF

A Séoul, dans le parc de Jongmyo, historiquement sanctuaire royal, on assiste à de curieuses transactions. Des sexagénaires y font les cent pas vêtues comme de jeunes femmes et affublées d'un maquillage tape-à-l'oeil. Ces prostituées du troisième âge qui attendant les clients avec à la main de petites bouteilles de vin de Bacchus, un énergisant aux vertus aphrodisiaques présumées, sont surnommées les « Bacchus ladies ». So-young (Youn Yuh-jung) est l'une d'entre elles. Lorsqu'elle assiste à l'arrestation d'une philippine venue réclamer une pension au père coréen de son petit garçon, notre vieille prostituée au grand cœur décide de veiller sur lui le temps de la détention. Quand elle ne peut laisser l'enfant à l'un de ses deux voisins (Yoon Kye-sang, An A-zu) avec lesquels elle forme une joyeuse bande de marginaux (l'un est unijambiste, l'autre transgenre), elle l'emmène avec elle dans ses affaires quotidiennes.

   The Bacchus Lady nous fait découvrir la Corée du Sud sous l'angle inattendu de la précarité de ses personnes âgées. A travers la protagoniste, ses consœurs, et ses clients, on découvre la détresse économique et sociale dans laquelle vit ce pan de la population à l'origine du développement économique rapide de la Corée du Sud, et qui est désormais considéré comme un fardeau par la jeune génération d'un pays qui ne connaît évidemment pas la retraite par répartition. Empathie ou rationalité économique oblige, le réalisateur sud-coréen E.J-Yong aborde également dans son film, à travers les grands-pères qui ne demandent pas que des services sexuels à leur fidèle So-young, l'épineux enjeu de l'euthanasie. Ne sombrant jamais dans le misérabilisme, malgré toutes ces problématiques peu joyeuses, E. J-Yong porte un regard plein d'une tendresse amusée sur sa petite galerie de personnages hétéroclites, dont on s'éprend vite à notre tour.

F.L.

Publié le 14/05/2018

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