Luna

93 minutes
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Couleur
Affiche du film Luna Luna, 16 ans, vient de décrocher son CAP maraîchage horticulture à Montpellier. Elle traine son ennui avec Ruben et sa bande. Ruben est un beau gars musclé qui a mis Luna enceinte et qui promet de l’accompagner à la clinique où elle doit avorter quelques jours après. Le groupe bascule dans la violence lors une fête très alcoolisée dans un hangar isolé où ils violent Alex un graffeur qui avait osé oeuvrer sur leur "territoire". Alex surgit bientôt dans les serres et les champs où Luna travaille mais ne semble pas reconnaître la jeune fille. Tentant d’abord de l’éloigner sous la pression du groupe, Luna se prend ensuite peu à peu d’affection pour Alex...

Réalisateur

Date de sortie

11/04/2018

Nationalité

France

Distribution

Classification

Tous publics

Acteurs

Rôle : Alex
Rôle : Chloé

Critique de la rédaction

Notre critique CCSF

   Luna, de la réalisatrice Elsa Diringer, est un film (pas toujours) tendre, par des tendres (au casting Frédéric « Pierrot », ça ne s’invente pas…) et pour les tendres, quelque part entre Un amour de jeunesse, dont il partage la mélancolie et le bucolisme, et Rosetta, pour son naturalisme et son ancrage populaire. Il narre en effet le parcours vers la lumière d’une adolescente dans un premier temps asservie à la loi du groupe et au service de son petit ami macho. Le film, porté par ses deux interprètes principaux, Laëtitia Clément (Anna Karina des champs) et Rod Paradot (César du meilleur espoir masculin pour son rôle de teigneux dans La tête haute, ici tout aussi juste dans la délicatesse), aborde des sujets difficiles mais importants : outre les phénomènes de violence collective, Luna pointe du doigt le manque d’éducation sexuelle des filles, qui avant de découvrir le meilleur, se mettent en danger en connaissant ou en commettant le pire. Tout l’intérêt de Luna réside d’ailleurs dans l’ambiguïté des personnages, tour à tour bourreaux et victimes de la volonté de domination. Espérons que ce film contribuera à faire réfléchir pour condamner, au-delà des individus, la barbarie de comportements qui proviennent surtout de la peur et de l’ignorance, elles-mêmes alimentées par la déplorable absence d'éducation concrète à l'anti-sexisme dans les collèges et lycées. Ainsi, même le personnage le plus déplaisant du film, ouvertement sadique, se rassure en renvoyant son inquiétude et sa faiblesse sur l’élément féminin, réflexe conditionné qu'il aurait pu savoir suspendre si des outils pédagogiques appropriés lui avaient ouvert les yeux.

F.L.  

 

Publié le 06/04/2018

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