La Douleur

127 minutes
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Couleur
Affiche du film La Douleur Juin 1944, la France est toujours sous l’Occupation allemande. L’écrivain Robert Antelme, figure majeure de la Résistance, est arrêté et déporté. Sa jeune épouse Marguerite, écrivain et résistante, est tiraillée par l'angoisse de ne pas avoir de ses nouvelles et sa liaison secrète avec son camarade Dyonis. Elle rencontre un agent français de la Gestapo, Rabier, et, prête à tout pour retrouver son mari, se met à l’épreuve d’une relation ambiguë avec cet homme trouble, seul à pouvoir l’aider. La fin de la guerre et le retour des camps annoncent à Marguerite le début d’une insoutenable attente, une agonie lente et silencieuse au milieu du chaos de la Libération de Paris.

Réalisateur

Date de sortie

24/01/2018

Genre

Nationalité

France - Belgique

Distribution

Classification

Tous publics

Acteurs

Critique de la rédaction

Notre critique CCSF

Nombreuses ont été les adaptations des romans et pièces de Marguerite Duras. L’amant, Un barrage contre le pacifique, India Song, Moderato Cantabile… Personne n’avait osé encore tenter l’adaptation de l’ensemble de La douleur, récit considéré comme autobiographique.

C’est chose faite et de façon magistrale. Il faut remercier le réalisateur d’avoir réussi ce pari, pourtant loin d’être gagné d’avance. En effet La douleur est un récit sur l’attente d’une femme du retour après guerre de son mari résistant et déporté. Il est aussi la mise en scène, comme son titre l’indique, d’une immense douleur, générée par le chagrin de la séparation mais aussi par la peur de s’habituer à cette séparation. Cette douleur psychologique s’entrelace alors intimement avec celles physiques et psychiques qu’on subit les déportés. Et en filigrane vient poindre la question : qui souffre le plus ? Celui qui attend ou celui qui ne revient pas ? Celui qui reste ou celui qui part ?  D’où vient la douleur ? De la souffrance ou de la crainte de ne pas « assez » souffrir ? Quelle représentation donne-t-on du spectacle de la douleur ? Et pour qui ? Le travail du réalisateur pour rendre cela en images est parfaitement réussi. Sans abuser des effets spéciaux, Emmanuel Finkiel ponctue le récit de moments où la douleur lancinante dans le crâne de Marguerite lui fait perdre l’équilibre et altère ses sensations. Ils permettent au réalisateur de départager plus finement la part de l’auteur de celle du personnage, (Marguerite raconte qu’elle a écrit un journal et dans ce journal le personnage écrit), et Emmanuel Finkiel transmet dans cette double mise en abyme la puissance de la douleur qui transcende tous les étages de la narration pour arriver avec une force fulgurante jusque sous les yeux du spectateur.

Mélanie Thierry, dont ce doit être un des plus beaux rôles, interprète magistralement Marguerite et nous envoie deux claques qui nous rappelleront l’immense écrivain et penseuse qu’était Marguerite Duras. Elle est servie par Benjamin Biolay, parfait de retenue dans le rôle de l’ami amant et par la figure inquiétante de Benoît Magimel en policier trouble.

Une brillante réussite.

L.S.

Publié le 02/01/2018

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