Jusqu'à la garde

93 minutes
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Affiche du film Jusqu'à la garde En plein divorce, Miriam et Antoine Besson se déchirent à propos de la garde alternée de leurs enfants. Sous ses airs bourrus, Antoine semble aimant ; il vient d’ailleurs de demander sa mutation pour se rapprocher de son fils. La juge tranche et, ce malgré la lettre sans appel de Julien, 11 ans, qui refuse de revoir son père : elle oblige l'enfant à passer un week-end sur deux avec lui. Entre sa mère qui le force à mentir et son père qui veut l’utiliser pour se rapprocher de son ex-femme, Julien essaie de protéger sa famille et de ménager Antoine dont le caractère est plus qu'inquiétant...

Réalisateur

Date de sortie

07/02/2018

Genre

Nationalité

France

Distribution

Classification

Tous publics

Acteurs

Rôle : Miriam Besson
Rôle : Antoine Besson
Rôle : Julien Besson

Critique de la rédaction

Notre critique CCSF

Comment appréhender Jusqu’à la garde ?

Drame intimiste ? Thriller domestique ? Portrait terrifiant d’un pervers narcissique ?

La réponse est pourtant simple. Jusqu’à la garde est avant tout un grand film porté par une mise en scène extrêmement élaborée et bien pensée. 

De quoi parle le film ?

En plein divorce, Miriam et Antoine Besson se déchirent à propos de la garde alternée de leurs enfants.

Le cinéma est une question de point de vue, et Xavier Legrand l’a bien compris avec une gestion de l’espace qui rend admirablement la menace exercée par un père violent. Par l’intermédiaire de cadres ouverts, il nous déstabilise, nous faisant craindre à tout instant le retour du paternel. Puis petit à petit, le réalisateur va employer des espaces de plus en plus fermés rendant toutes évasions impossibles. Dans son cinéma, Legrand doit aussi bien au Pialat de Police avec ses cadres ouverts qu’au Hitchcock de Psycho dans sa manière d’installer la tension. Fait rare dans un cinéma français trop souvent littéraire, le réalisateur utilise très peu les dialogues pour faire passer les informations, croyant fortement à la puissance de ses images.

Jusqu’à la garde concilie un certain réalisme à la française (hérité des Frères Lumières) avec l’efficacité du cinéma de genre américain. Que ce soit l’entrevue entre le juge et les parents en ouverture ou bien encore les échanges entre Léa Drucker et le central de police, nous avons l’impression d’être plongés dans un documentaire signé par Raymond Depardon. Mais pour autant les références au genre abondent également dans le métrage, que ce soit Shining avec ce père qui menace la famille derrière une porte, ou bien encore Carrie et le cinéma de De Palma dans cette manière qu’a Legrand de faire subtilement monter la tension lors de la séquence de la fête d’anniversaire.

Servi par un casting 3 étoiles au jeu d’une rare intensité, Jusqu’à la garde est un thriller familial engagé faisant preuve d’une redoutable efficacité qui confirme tout le talent de Legrand entrevu dans son court métrage Avant que de tout perdre.

Une œuvre indispensable quand on sait qu’une femme meurt sous les coups de son compagnon tous les 3 jours en France.

Mad Will

Publié le 29/01/2018

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