Les Garçons sauvages

110 minutes
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Noir et blanc
Affiche du film Les Garçons sauvages Début du vingtième siècle, cinq adolescents de bonne famille épris de liberté commettent un crime sauvage. Ils sont repris en main par le Capitaine, le temps d'une croisière répressive sur un voilier. Les garçons se mutinent. Ils échouent sur une île sauvage où se mêlent plaisir et végétation luxuriante. La métamorphose peut commencer…

Réalisateur

Date de sortie

28/02/2018

Nationalité

France

Distribution

Classification

-12 ans avec avertissement

Acteurs

Rôle : Séverine
Rôle : Jean-Louis
Rôle : le capitaine

Critique de la rédaction

Notre critique CCSF

Après le viol et le meurtre de leur professeur de théâtre, cinq garçons se retrouvent embarqués à bord d’un bateau avec « le capitaine », un redresseur de tort qui a la réputation de pouvoir mater les fortes têtes.

La traversée vers le changement commence.

Premier long métrage de Bertrand Mandico, les garçons sauvages est un voyage cinématographique extraordinaire et l’une des plus belles et étranges choses que vous pourrez voir cette semaine.

Réalisateur de près de vingt courts et moyens métrages, sélectionné à Cannes et à Venise, Mandico est un auteur accompli, qui construit film après film un univers total. Tous ceux qui sont familiers du travail de cet ancien des gobelins savent que chacun de ses films est une perspective d’évasion et d’expérience cinématographique complète. Et Les Garçons sauvages ne fait pas exception à la règle avec ce voyage vers une île merveilleuse, une terre sauvage aux propriétés magiques, comme horizon d’une croisière punitive censée endiguer la violence et apporter du changement. Et du changement, il y en aura pour ces cinq garçons, incarnés en l’occurrence par cinq actrices (Vimala Pons, Diane Rouxel, Mathilde Warnier, Pauline Lorillard et Anaël Snoek) désormais sous le commandement du capitaine. Une démarche qui va au-delà du simple artifice et qui permet au réalisateur de composer, en plans fixes débordant de symbolisme, un conte pour adultes fantasmagorique sur le genre et la transformation. Chaque cadre est d’une précision et d’une beauté sidérante, un travail total, plastique et sonore qui offre une déflagration de couleurs et de sensations.

Cette question du genre assure une continuité directe avec l’œuvre de Mandico et notamment son court métrage Notre-Dame des Hormones. On y retrouve les motifs récurrents : nature sauvage, organique et luxuriante, la muse Elina Lowensohn ou encore ces couleurs hallucinées alternées ici avec un noir et blanc somptueux. On a la sensation d’être face à une liberté artistique complète, un paradoxe car Mandico avoue en interview s’imposer des contraintes pour ses films. Un cadre qu’il pose afin de mieux pouvoir le contourner. L’épreuve ici portait surtout sur le format long-métrage, un piège dangereux pour les metteurs en scène ayant une identité visuelle aussi marquée. Mais il réussit magnifiquement cette transition et nous livre ici un récit d’une puissance évocatrice formidable.

Préparez-vous à une expérience onirique absolue en embarquant pour cette traversée dont personne ne ressort intact.

 

T.K.

 

Publié le 26/02/2018

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