Le Poirier sauvage

Ahlat Agaci

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188 minutes
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Couleur
Affiche du film Le Poirier sauvage Sinan, qui a fini ses études, revient dans sa ville natale en pensant pouvoir choisir son destin. Mais celui-ci est irrémédiablement lié à celui de son père, prof presque retraité, joueur invétéré et surendetté. Sinan doit réussir un concours complexe, or 300 000 apprentis profs attendent déjà un poste. Côté écriture, il n'a aucun succès avec ses textes : personne ne s’intéresse à sa fascination devant la culture populaire, ou à la beauté d’un arbre mystérieux, appelé « le poirier sauvage ». Au village, il rencontre une fille merveilleuse qui osait tout affronter, autrefois, et qui, a finalement tu ses ambitions. Elle va épouser un bijoutier riche mais qu'elle n'aime pas...

Réalisateur

Date de sortie

08/08/2018

Genre

Nationalité

Turquie

Distribution

Classification

Tous publics

Acteurs

Rôle : Sinan
Rôle : Idris
Rôle : Asuman

Critique de la rédaction

Notre critique CCSF

Quatre ans après Winter Sleep, sacré d’or lors de la 67eme édition du festival de Cannes, Nuri Bilge Ceylan a fait cette année une apparition plus timide sur la Croisette. Projeté en dernière séance, Le Poirier Sauvage n’a pas su conquérir le Jury de Cate Blanchett. Peut-être jugé trop bavard, trop long, trop académique.

            Pourtant, les trois heures huit investies par le cinéaste turc filent, et nous emportent à nouveau au cœur de l’Anatolie où revient Sinan, fraichement diplômé à Istanbul. De retour dans son village natal, le jeune homme est à la recherche de 2000 livres pour éditer son premier essai. Il ne peut compter sur sa famille, dont la situation financière problématique ne va pas en s'améliorant, car chaque sou continue d’être dilapidé au jeu par le père.

            Au détour des rues et des champs, Sinan retrouve les gens qu’il a aimé : une fille bientôt mariée, des amis imams et un écrivain renommé. De ces rencontres naissent de longs dialogues sur l’amour, la religion, la liberté.

            Partant du récit classique du retour de l’enfant au pays, Nuri Bilge Ceylan déploie toutes ses qualités de portraitiste pour décrire une fois encore la « Turquie profonde » confrontée au jugement parfois injuste du citadin Sinan. Si le jeune homme apparait d’abord comme une voix raisonnée, il peut aussi devenir un personnage antipathique par son mépris de la province. Il s’oppose alors à celui dont il ne supporte plus les fantaisies, son père, qui, malgré son détachement envers sa famille, est un personnage plutôt sympathique, un joyeux drille illuminé, un homme de la campagne, à qui on n’ose pas reprocher d’aimer son chien et sa cabane.

            Le poirier sauvage est un arbre solitaire, déformé, mais dont les fruits sont excellents. Il donne son nom au film et également au premier livre de Sinan, l’aspirant écrivain. L’image apparait alors comme évidente : le vieil arbre repoussant mais fructifère est ce passé honteux et cette famille embarrassante qu’on se doit de perpétuer.

            Un film intense, de toute beauté formelle et visuelle, à ne pas manquer.

Publié le 14/08/2018

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